NOUVELLES

Des musulmans escortés hors de la capitale de la République centrafricaine

27/04/2014 10:46 EDT | Actualisé 27/06/2014 05:12 EDT

BANGUI, République centrafricaine - Des soldats de maintien de la paix africains et français ont escorté, dimanche, quelques-uns des derniers musulmans de la capitale de la République centrafricaine, évacuant plus de 1300 personnes prises au piège depuis des mois dans leur quartier par des milices chrétiennes.

Quelques minutes après le départ du convoi, des résidants se sont attaqués à la mosquée abandonnée, utilisant des outils pour voler les haut-parleurs servant à l'appel à la prière et dépouillant le lieu de culte de tous ses biens, jusqu'aux pales des ventilateurs.

Un homme a inscrit «Maison des jeunes» au marqueur noir sur la façade de l'édifice. D'autres personnes ont balayé le sol en face de la mosquée avec des balais, criant: «Nous avons nettoyé la République centrafricaine de ses musulmans».

Des militaires congolais ont observé la scène sans intervenir.

L'évacuation des musulmans du quartier P12, situé dans le nord de Bangui, accentue la partition du pays amorcée en janvier lorsque le gouvernement mis en place par des insurgés islamiques a renoncé au pouvoir près d'un an après avoir renversé le président François Bozizé, qui a dirigé la nation pendant une décennie.

Les Nations unies ont assimilé le déplacement forcé de dizaines de milliers de Centrafricains musulmans à un «nettoyage ethnique». Les observateurs ont craint que la crise ne vire au génocide à la suite de l'arrivée de milices chrétiennes dans la capitale en décembre. Ces dernières s'en sont rapidement prises aux civils musulmans accusés de collaborer avec les dirigeants.

Après la démission du leader rebelle qui assurait la présidence, les lynchages et les mutilations de cadavres sur la place publique se sont multipliés à Bangui.

Jusqu'à présent, des dizaines de milliers de musulmans ont été transportés au Tchad pour leur sécurité. Certains convois ont toutefois été marqués par la violence, les militants ayant pris d'assaut les camions et même battu à mort un homme tombé en bas de l'un des véhicules.

La violence contre les musulmans a suscité l'inquiétude de la communauté internationale, poussant le plus important regroupement de pays islamiques à envoyer une délégation en République centrafricaine pour faire la lumière sur ce qui se passe dans le pays.

Selon l'Organisation de coopération islamique, les envoyés passeront trois jours dans la capitale centrafricaine et rencontreront la présidente intérimaire, Catherine Samba-Panza, le premier ministre et le ministre des Affaires étrangères de même que des chefs religieux chrétiens et musulmans.

De son côté, l'organisation Médecins sans frontières a annoncé, par la voie d'un porte-parole, que trois de ses employés avaient été tués dans le pays.

Tim Shenk a précisé dimanche que ses collègues sont morts samedi à Nanga Boguila, une ville frontalière du Tchad, dans le nord-ouest du pays.

Selon M. Shenk, le groupe publiera davantage de détails lundi.

PLUS:pc