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Ukraine: le G7 décide de nouvelles sanctions contre Moscou face à une menace d'invasion

26/04/2014 04:43 EDT | Actualisé 25/06/2014 05:12 EDT

Le G7 a décidé de nouvelles sanctions contre Moscou avec un volet américain susceptible d'intervenir "dès lundi" face à une menace d'intervention russe dans l'est de l'Ukraine où les séparatistes retiennent des membres de l'OSCE qu'ils taxent d'"espions de l'Otan".

Ce durcissement intervient au moment où une intervention de l'armée russe en Ukraine apparaît comme une hypothèse de plus en plus probable et le Premier ministre ukrainien a dû écourter une visite à Rome "en raison de la situation" après avoir accusé la veille Moscou de vouloir lancer "une troisième guerre mondiale".

Malgré les pressions de l'Allemagne et les Etats-Unis, les séparatistes refusaient samedi de libérer les 13 membres de la mission de l'OSCE arrêtés vendredi à Slaviansk, bastion des insurgés pro-russes.

"Ils sont en prison, ce sont des officiers de l'Otan", a déclaré le leader séparatiste local Viatcheslav Ponomarev. "Ils sont entrés sur notre territoire sans notre permission", a-t-il ajouté.

Un autre responsable des insurgés qui les a qualifiés d'"espions" a dit dans la matinée qu'ils ne seraient libérés qu'en échange de "leurs propres prisonniers".

Le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier, est intervenu auprès de son homologue russe Sergueï Lavrov pour que la Russie fasse pression sur les rebelles afin que "l'équipe de l'OSCE soit immédiatement libérée".

La Russie a promis de "prendre toutes les mesures possibles".

Devant le siège des services de sécurité (SBU) où seraient retenus les membres de la mission de l'OSCE, les barricades ont été renforcées samedi matin avec des sacs de sable. Trois blindés stationnaient à proximité, a constaté un journaliste de l'AFP.

Au moment où la Russie mène "des manoeuvres à la frontière est de l'Ukraine, des avions russes ont violé l'espace aérien ukrainien "à plusieurs reprises" au cours des dernières 24 heures, a indiqué le Pentagone.

"Nous n'excluons plus une intervention militaire russe en Ukraine dans les prochains jours", a ainsi confié à des journalistes un diplomate occidental.

- sanctions occidentales -

Le G7 accuse Moscou d'avoir ces derniers jours "continué à exacerber les tensions avec un discours toujours plus préoccupant et des manoeuvres militaires menaçantes à la frontière de l'Ukraine".

Selon un responsable américain, "chaque pays déterminera quelles sanctions ciblées il veut imposer. Ces sanctions seront coordonnées et complémentaires, mais pas nécessairement identiques". "Les sanctions américaines pourraient intervenir dès lundi", a-t-il précisé.

Pour le secrétaire américain au Trésor Jacob Lew, "le but est d'atteindre l'économie russe tout en faisant le moins de dommages possible à l'économie américaine et mondiale". Les Etats-Unis sont "prêts à prendre des sanctions plus sévères et à en absorber les conséquences si nécessaire", a-t-il affirmé vendredi.

La Russie n'est l'objet pour l'instant que de sanctions américaines et européennes visant de hauts responsables, mais la crainte de mesures de rétorsion contre son économie, déjà affaiblie, a entraîné de massives fuites de capitaux, poussant l'agence Standard & Poor's à abaisser vendredi la note de la Russie à "BBB-".

Côté européen, la chancelière allemande Angela Merkel a annoncé vendredi une rencontre des ministres des Affaires étrangères de l'UE "aussi rapidement que possible" pour étudier de nouvelles sanctions. Les diplomates des 28 pays de l'UE se réunissent lundi à Bruxelles et pourraient aborder les sanctions.

Le communiqué du G7 affirme que ses membres -- Etats-Unis, Canada, France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie et Japon -- se sont "engagés à agir d'urgence pour intensifier les sanctions ciblées" contre Moscou.

- 'Etat de siège' -

Sur le terrain, Slaviansk, bastion des séparatistes dans l'Est, est en état de siège depuis un assaut bref et meurtrier lancé par des blindés ukrainiens.

Kiev a indiqué avoir mis en place "un blocus" de la ville afin d'empêcher les pro-russes "de recevoir des renforts". Les séparatistes ont déclaré qu'ils ne rendraient pas la ville.

Moscou a appelé Kiev à mettre fin sans délai à son offensive militaire, mais le pouvoir de Kiev a affirmé que son "opération antiterroriste" allait continuer, tout en s'engageant à faire preuve de retenue.

En visite à Rome pour assister dimanche à la canonisation de deux papes, le chef du gouvernement ukrainien Arseni Iatseniouk a décidé d'écourter son voyage à l'issue de l'audience avec le pape François qui lui a promis de faire "tout son possible" pour la paix en Ukraine.

Selon Kiev, la Russie prépare une invasion ou veut du moins déstabiliser la situation politique avant la présidentielle du 25 mai pour laquelle les pro-occidentaux sont les grands favoris.

Les séparatistes comptent de leur côté organiser un référendum le 11 mai pour couper les ponts avec Kiev, voire rejoindre la Russie.

La perte de la Crimée, péninsule ukrainienne occupée par les forces russes et rattachée en mars à la Russie en quelques semaines, est dans tous les esprits.

Face à la menace brandie par Moscou d'une intervention militaire pour défendre ses intérêts et ceux de la population d'origine russe, Washington a réagi en déployant 600 soldats en Pologne et dans les pays baltes, et 150 soldats supplémentaires sont arrivés samedi matin en Lituanie.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov a accusé les Occidentaux de "vouloir s'emparer de l'Ukraine" pour servir "leurs ambitions géopolitiques et non les intérêts du peuple ukrainien".

bur-neo/pt

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