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Naufrage en Corée du Sud: le premier ministre offre de remettre sa démission

26/04/2014 10:05 EDT | Actualisé 26/06/2014 05:12 EDT

SÉOUL, Corée du Sud - Le premier ministre de la Corée du Sud a offert sa démission dans la foulée du naufrage d'un traversier qui a fait plus de 300 morts ou disparus.

L'offre de Chung Hong-won survient au moment où le gouvernement fait face à une colère grandissante de la part des familles des victimes, qui l'accusent de ne pas avoir adopté les mesures appropriées pour secourir ou protéger leurs proches.

La suggestion du premier ministre semble plus symbolique qu'autre chose, puisque le pouvoir exécutif en Corée du Sud repose essentiellement dans les mains de la présidente, Park Geun-hye.

Aux dernières nouvelles, Mme Park n'avait pas décidé si elle allait accepter la démission.

M. Chung a été chahuté par des proches des victimes et sa voiture a été bloquée au moment où il a visité un site d'hébergement sur une île située près des lieux du naufrage, il y a une semaine.

Dimanche, à des reporters à Séoul, il a publié une déclaration hors du commun au sujet de cette tragédie nationale.

«Après avoir vu des familles endeuillées et devant endurer la douleur liée à la perte d'êtres chers, et la tristesse et le ressentiment du public, j'ai pensé que je devais assumer toute la responsabilité à titre de premier ministre, a déclaré M. Chung.

«Il y a eu une si grande variété d'irrégularités qui se sont poursuivies dans toutes les sphères de notre société, et de pratiques qui ont échoué. J'espère que ces malaises, profondément ancrés, seront rectifiés et que ce genre d'accident ne se reproduise plus jamais.»

Samedi, par ailleurs, les autorités ont annoncé qu'elles avaient procédé à quatre autres arrestations, de sorte que les 15 personnes chargées de diriger le traversier sud-coréen sont maintenant détenues.

Yang Jung-jin, l'un des procureurs de l'enquête, a annoncé que deux timoniers et deux membres de l'équipe de navigation avaient été appréhendés en vertu de mandats d'arrêt préliminaires lancés vendredi soir. Onze autres membres de l'équipage, incluant le capitaine, avaient été officiellement arrêtés plus tôt.

Tous les prévenus sont accusés d'avoir fait preuve de négligence et d'avoir omis d'aider les passagers en détresse alors que le traversier Sewol s'enfonçait dans l'océan le 16 avril. Le capitaine a d'abord dit aux voyageurs de rester dans leur chambre et a attendu une demi-heure avant de diffuser un ordre d'évacuation. Au terme de ce délai, le navire était déjà trop incliné et de nombreuses personnes se sont retrouvées prises au piège.

Dix jours après le drame, 187 corps ont été récupérés et 115 personnes manquent toujours à l'appel. Les services d'urgence du gouvernement de la Corée du Sud ont toutefois indiqué que la liste des passagers pourrait comporter des erreurs. Seulement 174 personnes ont échappé à la mort, dont 22 des 29 membres de l'équipage.

Les sept employés ayant survécu au naufrage et n'ayant pas été arrêtés occupaient des fonctions qui n'étaient pas liées à la navigation, a précisé M. Yang en entrevue téléphonique. Une audience s'est déroulée samedi afin de déterminer si des mandats d'arrêt officiels seraient lancés contre les quatre derniers membres de l'équipage à avoir été placés en détention.

Les responsables des recherches ont annoncé, samedi, que les plongeurs avaient atteint deux grandes pièces où pourraient se trouver les dépouilles de plusieurs des disparus, mais que l'opération avait été interrompue en raison du mauvais temps. Les courants étaient déjà forts, samedi matin, et les tentatives pour pénétrer à l'intérieur de l'épave ont échoué.

Kim Jin-hwang, un représentant de la marine sud-coréenne, a assuré que les recherches reprendraient dès que les conditions le permettraient.

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