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Jean XXIII et Jean-Paul II deviendront officiellement des saints dimanche

26/04/2014 12:52 EDT | Actualisé 26/06/2014 05:12 EDT

CITÉ DU VATICAN, Italie - Plus d'un million de fidèles sont attendus, dimanche, à Rome pour assister à la canonisation de deux anciens papes.

La cérémonie en l'honneur de Jean XXIII et de Jean-Paul II va prendre la forme d'une grande messe tenue à la place Saint-Pierre.

Elle se déroulera en présence du pape François et de son prédécesseur, Benoît XVI, ce qui en fera «un très grand événement pas juste pour l'Église mais pour l'humanité», selon le président de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec (AÉCQ) et archevêque de Rimouski, Pierre-André Fournier.

Les deux ex-prélats, qui seront honorés, ont marqué l'institution chacun à leur façon.

Au plan personnel, Jean XXIII, dont le nom de baptême était Angelo Giuseppe Roncalli, était reconnu pour sa simplicité. Le pape François l'a déjà décrit comme «un bon curé de campagne».

Cet Italien d'origine avait l'habitude de «s'échapper» momentanément de ses appartements cossus pour rendre des visites impromptues aux plus vulnérables.

D'ailleurs, il avait passé son tout premier réveillon de Noël à titre de souverain pontife dans un hôpital pour enfants de Rome et le lendemain, il avait pris le chemin de la principale prison de la ville pour y rencontrer des détenus.

Mgr Fournier soutient qu'«il était près des réalités humaines».

Même si Jean XXIII a régulièrement été salué pour sa modestie, il est réellement passé à l'Histoire pour avoir été l'instigateur du concile Vatican II.

Avec l'organisation de cette réunion, il a propulsé son organisation dans la modernité en encourageant entre autres l'utilisation des langues vernaculaires pendant l'eucharistie et en favorisant une participation accrue des laïcs dans la vie religieuse.

Selon le président de l'AÉCQ, «il a vraiment ouvert les fenêtres à ce désir de réformer l'Église [...] et il a joué un rôle de premier plan» dans cette métamorphose.

Un infatigable globe-trotter et un communicateur hors pair

Quant à Jean-Paul II, il a bâti sa solide réputation en prenant le bâton du pèlerin et en parcourant la planète.

Ce Polonais, dont le véritable nom était Karol Wojtyla, a effectué des voyages dans quelque 140 pays pour y transmettre sa foi débordante et il a habilement su tirer profit de la couverture médiatique qui lui était accordée pour s'attirer des admirateurs aux quatre coins du globe y compris au Canada.

Pierre-André Fournier se rappelle qu'au moment de son passage au pays, en 1984, il avait fait preuve «d'une force de communication incroyable» et il était donc devenu rapidement le chouchou des journalistes qui l'avaient suivi pas à pas pendant tout son voyage.

Il se souvient qu'il avait également la cote auprès de la génération montante, ce qui l'avait incité à créer spécialement pour elle les Journées Mondiales de la Jeunesse.

Des canonisations qui ne font pas l'unanimité

Si les procédures habituelles avaient été suivies à la lettre, Jean XXIII et Jean-Paul II ne pourraient pas accéder à la sainteté dimanche.

En temps normal, deux miracles doivent être attribués à un personnage pour qu'il puisse avoir droit à cette distinctionposthume.

L'Église ne reconnaît qu'un seul miracle à Jean XXIII. Au grand déplaisir des puristes, il sera, tout de même, honoré car le pape actuel lui a accordé une dérogation.

En ce qui concerne Jean-Paul II, sa canonisation est remise en question par certains observateurs de la scène religieuse car le processus y ayant conduit s'est déroulé de manière accélérée.

Dès les funérailles de ce géant de l'Église, en avril 2005, de nombreuses voix s'étaient élevées pour scander «santo subito», ce qui signifie «saint immédiatement».

Son successeur Benoît XVI, qui lui a servi de bras droit quasiment pendant un quart de siècle, ne s'était pas tellement fait prier pour obtempérer. Environ un mois plus tard, il lançait des démarches en ce sens.

Or, un délai de cinq ans est habituellement respecté entre la mort d'un candidat et le début d'un processus de canonisation.

Mgr Fournier ne s'étonne guère de la précipitation entourant le traitement du dossier de Jean-Paul II qui récolte après sa mort ce qu'il a semé de son vivant.

«Il a favorisé tellement les canonisations. Il a canonisé des prêtres, des religieux, des laïcs de diverses cultures, de différents continents. C'était une manière pour lui d'inviter les gens à vivre l'Évangile», conclut-il.

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