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La visite d'Obama à Séoul sous la menace d'un test nucléaire nord-coréen

25/04/2014 08:17 EDT | Actualisé 25/04/2014 08:17 EDT
Pool via Getty Images
SEOUL, SOUTH KOREA - APRIL 25: US President Barack Obama (L) and South Korean President Park Geun-Hye (R) attend a joint press conference at the presidential Bule House on April 25, 2014 in Seoul, South Korea. The U.S. President is on an Asian tour where he is due to visit Japan, South Korea, Malaysia and Philippines. (Photo by Song Kyung-Seok - Pool/Getty Images)

La Corée du Nord ne gagnera «rien» à proférer des menaces, a déclaré Barack Obama au premier jour de sa visite à Séoul, mettant en garde Pyongyang contre de nouvelles sanctions en cas d'un 4e essai nucléaire, en préparation selon Séoul et des experts.

Soulignant que Washington et Séoul sont «sur la même longueur d'onde» dans leur refus d'accepter une Corée du Nord nucléaire, Barack Obama a assuré que même la Chine, seul allié de poids du Nord, avait conscience de «la menace significative» que représente son voisin.

«Les menaces n'apporteront rien à la Corée du Nord», a déclaré le président américain, lors d'une conférence de presse à Séoul, aux côtés de son homologue sud-coréenne, Park Geun-Hye.

Et «la Chine commence à reconnaître que la Corée du Nord est non seulement une nuisance mais aussi un problème significatif pour sa propre sécurité», a-t-il ajouté.

Séoul et Washington ont à plusieurs reprises demandé à Pékin d'user de son influence pour convaincre Pyongyang d'abandonner son programme nucléaire, en vain jusqu'à présent.

La visite d'Obama en Corée, deuxième étape de sa tournée asiatique, s'effectue sous la menace d'un nouvel essai atomique.

Le gouvernement sud-coréen a signalé cette semaine, sur la foi d'informations de l'agence de renseignements, un regain d'activités sur le site de Punggye-ri, côté nord-coréen, qui suggère des préparatifs pour un 4e test.

Vendredi, l'Institut américano-coréen, un centre d'études respecté sur la Corée du Nord, situé aux Etats-Unis, a lui aussi signalé un surcroît d'activités sur le site, selon l'analyse d'images satellite prises en milieu de semaine.

La Corée du Nord a procédé à trois essais nucléaires: en octobre 2006, mai 2009 et février 2013, des tests interdits par l'ONU et qui conduisent chaque fois à un alourdissement des sanctions internationales.

Le site de l'institut, 38 North, rappelle qu'en février 2013, le regain d'activité s'était produit deux à trois jours avant la détonation. «On ne sait pas si la Corée du Nord suivra le même calendrier».

Perturber la visite d'Obama

Pyongyang a pour sa part condamné la visite du président américain dans la péninsule, estimant qu'elle n'aurait pour résultat que d'accroître les tensions et apporter «les nuages sombres de la course à l'arme nucléaire».

Les Etats-Unis, alliés du Sud, comptent 28.500 soldats sur le territoire sud-coréen et les deux Etats conduisent tous les ans des manoeuvres conjointes qui exaspèrent le Nord.

Les analystes estiment possible que Pyongyang veuille perturber la visite du président des Etats-Unis au Sud, voisin et ennemi du Nord, en procédant à un nouvel essai nucléaire.

Mais d'autres avancent que Pyongyang ne se risquera pas à provoquer la colère de la Chine, son puissant allié et seul soutien économique de poids.

Un test nucléaire aurait pour effet immédiat d'unir le Japon, la Corée du Sud - pourtant en froid depuis plusieurs mois - et les États-Unis, et de placer la Chine dans une position embarrassante.

Selon Séoul, il pourrait aussi s'agir de simples manoeuvres destinées à faire croire à un prochain test nucléaire.

La visite d'Obama s'est par ailleurs déroulée dans un pays en deuil, après le naufrage d'un ferry qui a fait 300 victimes, des lycéens pour la plupart.

Le président des Etats-Unis et son homologue sud-coréenne, Park Geun-Hye, se sont recueillis quelques minutes en silence avant que l'Américain remette à la Sud-Coréenne le drapeau américain qui flottait sur la Maison Blanche le jour de la catastrophe, le 16 avril, de la part de son pays.

«J'ai tout à fait conscience que ma visite a lieu à un moment de deuil pour la population du pays, a déclaré Barack Obama. Pour le moment, je souhaite juste exprimer, de la part du peuple américain, mes condoléances pour la perte inestimable qui vient de se produire».

Le Sewol a sombré en début de matinée mercredi 16 avril au large de la côte méridionale de la Corée. Le dernier bilan faisait état de 183 morts et 119 disparus, présumés noyées, dans le bateau qui transportait 476 personnes, dont 352 lycéens d'une même école du sud de Séoul.

Les médias sud-coréens continuaient vendredi de faire une large part au drame du Sewol, réduisant à la portion congrue la visite du président américain.

Après un dîner officiel vendredi soir, Barack Obama devait rencontrer samedi quelques uns des soldats américains stationnés dans le sud de la péninsule, avant de s'envoler en milieu de la journée vers la Malaisie.

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