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USA: sommé d'en dire plus sur les prisons de la CIA, le gouvernement renâcle

25/04/2014 12:01 EDT | Actualisé 25/06/2014 05:12 EDT

Le gouvernement américain a invoqué vendredi la sécurité nationale pour demander au juge militaire de Guantanamo de "reconsidérer en partie" l'injonction lui imposant de dévoiler de nombreuses informations sur les prisons secrètes de la CIA.

Lors d'une audience préliminaire au procès du cerveau présumé de l'attentat contre l'USS Cole, commis en 2000, le procureur Mark Martins a évoqué "les exigences de sécurité nationale" pour justifier sa requête portant sur un jugement rendu le 14 avril par le colonel James Pohl.

Le Saoudien Abd al-Rahim al-Nachiri, qui encourt la peine de mort pour le meurtre de 17 personnes sur le navire américain en 2000 au large du Yémen, aurait enduré des interrogatoires musclés lors de sa détention dans une prison secrète entre son arrestation en 2002 et son transfèrement à Guantanamo en septembre 2006.

Dans un jugement daté du 14 avril, le juge James Pohl ordonne au gouvernement de livrer à la défense quantité d'éléments sur les prisons secrètes par lesquelles M. Nachiri mais aussi les accusés du 11-Septembre sont passés.

Le général Mark Martins a déposé mercredi un recours pour "repenser certaines choses" car "certains intérêts significatifs du gouvernement sont en jeu" et certains dossiers sont classifiés pour la défense, a-t-il indiqué devant le tribunal militaire de Guantanamo, lors de cette audience retransmise en quasi-direct sur la base de Fort Meade, près de Washington.

S'il a admis que c'était "un devoir" de fournir des éléments pour un "procès juste", et s'il a dit que l'accusation oeuvrait "de bonne foi" pour fournir ce que le juge avait ordonné dans dix différentes catégories, le procureur a estimé que le gouvernement devait pouvoir argumenter pour savoir si le juge "permettait ou non des exceptions". Et selon la réponse, le gouvernement interjetterait officiellement appel au jugement, a-t-il prévenu.

L'avocat de M. Nachiri, Richard Kammen, a rétorqué que le recours du gouvernement "n'avait pas de raison d'être examiné". "Votre jugement est tout à fait clair", a-t-il plaidé, et maintenant le gouvernement "vous dit: si vous faites ce que je veux, je ne ferais pas appel". Il a mis en garde contre le fait que l'examen de ce recours retarderait encore l'ouverture du procès, fixée à décembre.

chv/mdm

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