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Pédophilie: Jean Paul II a pris des décisions juridiques dès 2002 (ancien porte-parole)

25/04/2014 08:21 EDT | Actualisé 25/06/2014 05:12 EDT

Le pape Jean Paul II avait "pris des décisions juridiques" dès 2002 face au scandale de la pédophilie dans l'Eglise, après avoir convoqué à Rome les cardinaux américains, a affirmé jeudi son ancien porte-parole Joaquin Navarro-Valls.

Karol Wojtyla est accusé par les associations d'anciennes victimes de prêtres pédophiles d'avoir minimisé ou fermé les yeux face au scandale et d'avoir cherché surtout à défendre l'institution.

Quand les premiers cas sont apparus aux Etats-Unis, remontant souvent "à vingt ou trente ans auparavant", "personne ne comprenait et le pape s'en est beaucoup préoccupé. La pureté de sa pensée rendait difficile pour lui d'accepter de tels faits, mais il les a acceptés", a affirmé l'ancien porte-parole du Vatican, un Espagnol très proche de Karol Wojtyla, avec qui il entretenait un rapport de confiance quotidien.

"Il a convoqué à Rome tous les cardinaux américains. J'étais présent alors. C'était une discussion très sérieuse pendant lesquelles des cas spécifiques ont été abordés. Il a pris des décisions juridiques, en donnant les pleins pouvoirs à la Congrégation pour la doctrine de la foi, dirigée par le cardinal Joseph Ratzinger", a expliqué cet ancien psychiatre et journaliste du mouvement conservateur Opus Dei, lors d'une conférence de presse.

Interrogé sur le cas du fondateur des Légionnaires du Christ, le père mexicain Martial Maciel, corrompu et pédophile, que le pape polonais est accusé par les associations d'avoir longtemps protégé sans croire à sa culpabilité, M. Navarro Valls a répondu que Jean Paul II "avait été informé qu'une procédure canonique était en cours" contre Maciel.

Cette procédure, a-t-il rappelé, se concrétisait par une longue enquête menée par le père maltais Charles Scicluna (de la Doctrine de la foi) aux Etats-Unis, au Mexique et à Barcelone auprès de victimes.

"Quand il est mort, cette procédure n'était pas achevée, et Jean Paul II n'en a pas su le résultat", a dit Joaquin Navarro-Valls.

C'est un an après le début du pontificat de Benoît XVI que les conclusions ont été connues. "Quand j'ai vu le pape Benoît XVI, je lui ai dit: c'est important que le public soit mis au courant. Il m'a répondu: on peut le faire dès demain".

L'historien américain George Weigel, biographe de Jean Paul II, a affirmé que ce dernier "avait été le grand réformateur de la prêtrise", qui se trouvait alors "dans la pire situation" depuis longtemps.

Dans le portrait qu'il a donné de Jean Paul II, M. Navarro-Valls a insisté sur ses trois caractéristiques fondamentales: "la prière, le travail, le sourire".

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