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Passeports: Interpol déplore le faible usage de son système de contrôle

25/04/2014 11:47 EDT | Actualisé 25/06/2014 05:12 EDT

Un dizaine de pays seulement utilisent systématiquement la liste des passeports volés d'Interpol pour vérifier qu'un passager aérien voyage avec un document authentique, a regretté vendredi le secrétaire général d'Interpol Ronald Noble.

La base de données SLTD (Stolen or Lost Travel Documents) contient 42 millions de références, fournies par 167 pays, mais "moins de 10 pays dans le monde l'utilisent systématiquement", a-t-il déclaré à la presse. Selon les estimations "les plus optimistes" d'Interpol, sur 1,2 milliard de voyageurs sur des vols internationaux en 2013, "au moins 400 millions d'individus ont voyagé avec des documents qui n'avaient pas été vérifiés à l'aide de la base SLTD", a expliqué M. Noble.

Il a déploré que malgré les menaces terroristes, "de nombreux pays ne prennent toujours pas leurs responsabilités au sérieux".

"Nous devons combler les failles" de la surveillance, a renchéri au cours de la même conférence de presse Jean-Paul Laborde, directeur exécutif du Comité contre le terrorisme de l'ONU. "Nous encourageons les Etats membres à utiliser de manière régulière les outils disponibles pour renforcer la sécurité aux aéroports".

Les failles du système de vérification des passeports aux aéroports ont été mis en lumière à l'occasion de la disparition du vol de la Malaysia Airlines MH370. Deux Iraniens avaient embarqué avec des passeports européens volés à bord du Boeing 777 disparu. Le ministre de l'Intérieur malaisien Zahid Hamidi avait alors expliqué qu'il n'était pas possible de contrôler chaque passeport sur cette base de données car ça ralentirait beaucoup trop le flux des passagers.

Une explication rejetée par Interpol: M. Noble a réaffirmé à ce propos que scanner un passeport avec la base SLPD ne prend "pas plus de trois secondes".

Mais beaucoup de passeports ne sont toujours pas contrôlables par ce système, qui requiert des données lisibles électroniquement, a reconnu de son côté Raymond Benjamin, secrétaire général de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI). D'ici novembre 2015 tous les passeports devront être lisibles électroniquement, a-t-il rappelé.

Selon Interpol, les Etats-Unis utilisent la base SLPD, mis en place depuis 2005, "plus de 230 millions de fois par an", le Royaume-Uni "plus de 140 millions de fois, les Emirats arabes unis "plus de 100 millions de fois" et Singapour "plus de 29 millions de fois". En tout 800 millions de vérifications sont ainsi effectuées chaque année. Les données qui apparaissent sont la date et le lieu de délivrance du document et la date de la déclaration de vol ou de perte.

avz/mdm

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