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Malgré les relations tendues avec la Russie, des vétérans auront leur médaille

25/04/2014 09:47 EDT | Actualisé 25/06/2014 05:12 EDT

OTTAWA - Des centaines de vétérans canadiens qui ont bravé l'Atlantique Nord pour livrer du matériel à la Russie durant la Seconde Guerre mondiale pourront porter une médaille créée par le gouvernement britannique pour commémorer les services rendus.

L'approbation du gouverneur général David Johnston pour que les vétérans puissent arborer l'Étoile de l'Arctique est survenue un an après avoir été annoncée, et après que les marins, dont plusieurs proviennent de la marine marchande, disaient craindre être victimes du refroidissement des relations entre Ottawa et Moscou.

La médaille a été créée en 2012 pour honorer ceux qui ont risqué leur vie dans les convois semés d'embûches vers Mourmansk et Arkhangelsk, en Russie.

Mais pour que les Canadiens puissent recevoir cette décoration, le gouverneur général devait d'abord l'approuver. Une note a été affichée sans tambour ni trompette dans la Gazette du Canada, où sont dévoilées plusieurs décisions du gouvernement. Cependant, aucune annonce publique n'a été faite aux vétérans.

Une porte-parole du gouverneur général n'a pas répondu aux questions de La Presse Canadienne. Le ministère de la Défense nationale a seulement affirmé qu'il y avait des directives claires concernant l'acceptation et le port de médailles étrangères.

Les vétérans, pour la plupart âgés de plus de 80 ans, attendent cette permission depuis plus d'un an, et certains ont cru que le délai s'expliquait par la détérioration rapide des relations avec la Russie dans la foulée de la crise en Ukraine.

Paul Bender, un capitaine de la marine marchande enrôlé à l'âge de 15 ans, estime que la reconnaissance des vétérans qui ont aidé les Russes il y a 70 ans pourrait être une source d'embarras politique pour le gouvernement conservateur, qui critique sans ménagement les actions du président russe Vladimir Poutine.

Le résidant d'Ottawa, âgé de 86 ans, estime que les honneurs dus à ceux qui ont risqué leur vie dans la guerre ne devraient pas être liés aux circonstances politiques d'aujourd'hui.

«Je pense que ça devrait être une question totalement séparée, dans la mesure où cela s'est produit il y a près de trois quarts de siècle», a déclaré M. Bender lors d'une récente entrevue avec La Presse Canadienne.

Bruce Poulin, porte-parole de la Légion royale canadienne, a indiqué qu'il y avait quelques centaines de vétérans canadiens qualifiés pour recevoir la médaille, mais que ce nombre déclinait rapidement.

«Il serait bien pour eux de recevoir cette médaille avant de mourir», a-t-il affirmé.

La légion a écrit au gouverneur général et fait pression pour que l'octroi des médailles soit autorisé, mais affirme que ses demandes ont été pratiquement ignorées.

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