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Le G7 veut imposer de nouvelles sanctions économiques contre la Russie

25/04/2014 09:19 EDT | Actualisé 25/06/2014 05:12 EDT

Les États-Unis et les autres nations du Groupe des Sept se sont entendus pour «agir rapidement» afin d'imposer de nouvelles sanctions économiques à l'endroit de la Russie, en représailles à ses actions en Ukraine.

Dans une déclaration publiée vendredi soir, les pays du G7 annoncent qu'ils vont agir avec urgence pour intensifier les «sanctions ciblées».

La déclaration ajoute que le G7 continuera aussi de préparer des sanctions coordonnées plus sévères sur d'importants secteurs économiques de la Russie, si Moscou pose d'autres gestes considérés comme hostiles.

La Maison-Blanche a fait savoir que des sanctions américaines pourraient être imposées dès lundi.

L'annonce survient au moment où de hauts responsables ukrainiens ont fait allusion à une invasion imminente, et où Moscou a indiqué que des séparatistes pro-Russie ne déposeraient pas leurs armes dans l'est de l'Ukraine tant et aussi longtemps que des militants n'auront pas cédé le contrôle d'importants sites à Kiev.

Les pays du G-7 expliquent qu'ils vont de l'avant avec des «sanctions ciblées» en raison de l'urgence d'établir un plan d'action afin d'assurer la tenue d'élections présidentielles en Ukraine, le 25 mai.

Les pénalités devraient cibler des citoyens russes riches et proches du président Vladimir Poutine, ainsi que les organisations qu'ils dirigent.

Un haut responsable de l'administration Obama a confié que chaque pays du G7 déterminera ses propres sanctions. Bien que les sanctions seront coordonnées, elles ne seront pas nécessairement identiques, selon ce responsable, qui n'était pas autorisé à discuter du sujet publiquement et qui a demandé l'anonymat.

La Maison-Blanche a publié la déclaration du G7 quelques heures après que Barack Obama eut tenu une conférence téléphonique avec des leaders européens pour sonder leur intérêt à imposer des sanctions additionnelles.

Dans la déclaration, rendue publique par le bureau du premier ministre Stephen Harper tard vendredi soir, le G7 exprime «ses vives inquiétudes concernant les efforts continus perpétrés par les séparatistes, lesquels sont soutenus par la Russie, en vue de déstabiliser l'est de l'Ukraine».

«Nous saluons les mesures positives prises par l'Ukraine en vue de respecter ses engagements pris en vertu de l'Accord de Genève, signé le 17 avril par l'Ukraine, la Russie, l'Union européenne et les États-Unis. (...) La Russie, au contraire, n'a pris aucune mesure concrète venant à l'appui de l'Accord de Genève. Elle n'a pas annoncé publiquement son appui à l'Accord, ni condamné les actes des séparatistes qui cherchent à déstabiliser l'Ukraine, ni demandé aux militants armés de baisser leurs armes et de quitter pacifiquement les immeubles gouvernementaux qu'ils occupent. Elle a plutôt continué de faire monter les tensions en effectuant en permanence des manoeuvres militaires rhétoriques et menaçantes de plus en plus préoccupantes à la frontière de l'Ukraine», écrivent les leaders des pays du G7.

«Nous avons décidé d'agir rapidement afin d'imposer des sanctions supplémentaires à la Russie, ajoutent-ils. Étant donné le caractère urgent d'assurer un vote démocratique positif et pacifique dans le cadre des élections présidentielles ukrainiennes du mois prochain, nous nous engageons à intervenir dans les plus brefs délais en vue d'alourdir les sanctions ciblées et les mesures visant à ce que la Russie paie davantage pour ses actions.»

Outre le Canada et les États-Unis, le G7 réunit l'Allemagne, la France, l'Italie, le Japon et le Royaume-Uni.

Tensions accrues

Vendredi, des hommes armés prorusses ont arrêté une équipe d'observateurs militaires internationaux qui se déplaçait dans l'est de l'Ukraine, ont annoncé des responsables.

L'équipe de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) était détenue vendredi soir à Sloviansk, dans l'est de l'Ukraine, a indiqué Stella Khorosheva, porte-parole du maire séparatiste autoproclamé de la ville.

Selon la porte-parole, le groupe d'observateurs était en possession de «matériel suspect». Elle a toutefois précisé que les membres du groupe n'avaient pas été blessés et qu'ils seraient libérés après une enquête plus approfondie.

Par ailleurs, toujours vendredi, des responsables américains ont affirmé que des avions de combat russes avaient survolé l'espace aérien ukrainien à de nombreuses reprises au cours des dernières 24 heures.

Les responsables n'ont pas voulu se prononcer sur les objectifs précis de ces survols, mais pensent que les avions russes pourraient avoir voulu tester les radars ukrainiens, ou encore faire une démonstration de force. L'un des responsables a estimé qu'il s'agissait d'une provocation continue de la Russie.

Les responsables se sont exprimés sous le couvert de l'anonymat parce qu'ils n'étaient pas autorisés à s'adresser aux médias.

Ces survols surviennent alors que la Russie multiplie les manoeuvres militaires le long de la frontière ukrainienne.

Plus tôt dans la journée, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait accusé les pays occidentaux de manigancer pour prendre le contrôle de l'Ukraine.

«L'Occident veut — et c'est ainsi que tout cela a commencé — prendre le contrôle de l'Ukraine à cause de ses propres ambitions politiques, et non dans l'intérêt du peuple ukrainien», a déclaré M. Lavrov à Moscou.

Il a ajouté que les insurgés prorusses présents dans l'est de l'Ukraine déposeraient les armes et libéreraient les édifices gouvernementaux uniquement si le gouvernement ukrainien acceptait de démanteler le camp érigé par des manifestants sur la place de l'Indépendance à Kiev.

Le premier ministre ukrainien par intérim, Arseni Iatseniouk, a répliqué en accusant la Russie de vouloir déclencher une troisième guerre mondiale.

La crise en Ukraine et les sanctions imposées par plusieurs pays occidentaux commencent à avoir des conséquences sur l'économie russe. L'agence d'évaluation Standard & Poor's a abaissé vendredi la note de solvabilité de la Russie, la faisant passer à «BBB-» tout en maintenant sa perspective négative parce que les investisseurs retirent leur argent du pays.

Le ministre canadien des Affaires étrangères John Baird, en visite vendredi en Lettonie, a affirmé que la communauté internationale avait réussi à isoler la Russie politiquement et économiquement. Selon lui, il y a eu «une énorme fuite de capitaux de la capitale du pays», de même qu'une instabilité de la monnaie russe, le rouble, et de son marché boursier.

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