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Cambodge: procès de 23 manifestants du secteur textile

25/04/2014 01:16 EDT | Actualisé 24/06/2014 05:12 EDT

Le procès de 23 militants et ouvriers cambodgiens, arrêtés lors de la répression sanglante d'une grève d'ouvriers du textile en janvier, a commencé vendredi à Phnom Penh, malgré les appels internationaux pour leur libération.

Cette affaire a encore amplifié les inquiétudes des défenseurs des droits de l'Homme concernant la répression des manifestations visant à défier le Premier ministre Hun Sen, au pouvoir depuis près de 30 ans.

Selon des groupes de défense des droits de l'Homme, les 23 accusés, dont la plupart sont détenus depuis leur arrestation, risquent cinq ans de prison, notamment pour violences volontaires.

"Les ouvriers n'ont blessé personne", a assuré Kong Athit, de la Confédération cambodgienne du Travail, dénonçant des accusations "politiquement motivées".

Après le témoignage de plusieurs des accusés, qui ont assuré n'avoir commis aucune violence, le procès a été ajourné jusqu'au 6 mai, a indiqué Am Sam Ath, de la Ligue cambodgienne de défense des droits de l'Homme (Licadho) qui suit l'affaire.

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le tribunal municipal de Phnom Penh à l'ouverture du procès, aux cris de "Libérez les 23!".

Début janvier, au moins quatre civils avaient été tués lorsque la police avait ouvert le feu sur des ouvriers du textile en grève qui réclamaient un doublement du salaire minimum, à 160 dollars par mois (117 euros).

Un adolescent de 16 ans blessé lors de ces événements est d'autre part toujours porté disparu, selon les militants, qui dénoncent la culture de l'impunité dans le pays.

Le secteur textile, qui produit notamment des vêtements pour des grandes marques internationales comme Gap, Nike ou H&M, est crucial pour l'économie d'un des pays les plus pauvres de la planète.

La Confédération internationale des Syndicats a lancé une campagne "Libérez les 23", appelant à faire pression sur les ambassades cambodgiennes à travers le monde.

"La justice cambodgienne doit mettre fin à ces poursuites sans fondement contre des ouvriers du textile et des défenseurs des droits de l'Homme qui ont été battus et détenus pendant plusieurs mois pour avoir manifesté pacifiquement pour demander un salaire minimum suffisant", a commenté Karim Lahidji, président de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH).

Deux autres personnes ont comparu séparément vendredi pour des accusations similaires en lien avec des affrontements entre des ouvriers du textile et la police en novembre, lors desquels une femme avait été tuée.

Au lendemain des morts de janvier, les autorités avaient interdit tout nouveau rassemblement dans la capitale, que ce soit des ouvriers textile ou de l'opposition qui réclame de nouvelles élections après celles de juillet selon elle entachées de fraudes massives.

En février, l'interdiction de manifester avait été officiellement levée, mais le mois dernier la police anti-émeute avait violemment dispersé des manifestants réclamant une licence pour créer une chaîne de télévision indépendante, indiquant qu'ils n'avaient pas la permission de se rassembler.

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