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Bon nombre de politiciens saluent la mémoire de l'ex-ministre Herb Gray à Ottawa

25/04/2014 08:09 EDT | Actualisé 25/06/2014 05:12 EDT

OTTAWA - L'ancien ministre libéral Herb Gray a été salué, vendredi, comme un lion de la politique fédérale n'ayant jamais rien eu à dire de mal de ses collègues durant quatre décennies au Parlement.

L'ancien député libéral de Windsor, en Ontario, est mort lundi à l'âge de 82 ans.

Les anciens premiers ministres Jean Chrétien, Paul Martin, John Turner et Joe Clark, le gouverneur général David Johnston, l'actuel chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, le leader conservateur en Chambre, Peter Van Loan, et la juge en chef de la Cour suprême, Beverley McLachlin, figuraient parmi les dignitaires présents à la synagogue de la banlieue d'Ottawa pour saluer la mémoire de M. Gray.

Au cours de sa carrière en politique fédérale, M. Gray a occupé 11 postes différents au sein du cabinet, pour terminer comme vice-premier ministre du Canada. Il a aussi été le premier juif à siéger au conseil des ministres fédéral. Il avait quitté la politique active en 2002.

Paul Martin a illustré les prouesses oratoires et l'intelligence de M. Gray durant les périodes de questions quotidiennes à la Chambre des communes par un récit autour des pastilles fraîcheur Listerine.

Les deux hommes étaient voisins en Chambre, et M. Gray avait vu M. Martin prendre une pastille, et lui en avait demandé une. M. Martin avait remis le contenant à M. Gray et avait reporté son attention aux questions de la Chambre.

«Soudainement, j'entends une explosion près de moi. Je regarde à ma droite et là se trouvait Herb (Gray), le visage gonflé, les joues rouges, en sueur, larmes aux yeux et pouvant à peine reprendre son souffle pour me dire "Qu'est-ce qu'il y avait dans ce truc?"», a relaté l'ancien premier ministre.

«Il m'a remis le contenant et je lui ai dit "Herb (Gray), il y a 20 pastilles là-dedans et vous les avez toutes prises"», a-t-il poursuivi.

Évidemment, c'est ce moment qu'avait choisi un député de l'opposition pour adresser une question à M. Gray.

«Herb (Gray) n'en avait pas conscience et moi non plus, plus préoccupés par l'urgence de la situation médicale. Mais Herb (Gray) savait qu'il devait se lever et répondre. Il ignorait ce qu'avait été la question», a expliqué M. Martin.

«Et donc, il s'est levé et a dit, "M. le président, la prémisse, comme toujours, de la question du député est hors propos. Mais M. le président, je sais quelle est la question. Et elle est si absurde qu'elle me remplit d'émotions et je ne peux m'arrêter de pleurer"», a-t-il relaté.

«Et puis il a repris place sur son siège. Et le pauvre député de l'opposition ne savait plus quoi faire, et le temps qu'il reprenne ses esprits, Herb (Gray) était en mesure de répondre à la question complémentaire.»

Ses enfants, Jonathan et Elizabeth, ont témoigné du caractère bienveillant de leur père. Jonathan Gray s'est rappelé les moments passés avec son père à assembler des modèles réduits et à lire des livres de la série «Les Frères Hardy».

«Quand j'étais très jeune, j'avais peur du noir, a-t-il aussi évoqué. Alors, mon père restait chaque soir auprès de moi dans sa chaise La-Z-Boy à travailler à la lueur d'une lampe afin que je puisse m'endormir.»

Une cérémonie d'inhumation devait suivre au cimetière Jewish Memorial Gardens à Ottawa.

Certains avaient souhaité la tenue de funérailles nationales pour l'ancien ministre. L'ex-premier ministre Paul Martin faisait partie de ceux qui estimaient que M. Gray méritait le meilleur hommage possible.

Tout en parlant d'«un grand Canadien et un parlementaire formidable qui a servi avec honneur et dignité», le bureau du premier ministre Stephen Harper avait indiqué que le gouvernement n'organiserait pas de funérailles d'État.

Les funérailles nationales sont seulement tenues pour des premiers ministres actuels ou passés, des gouverneurs généraux ou des ministres en poste au moment de leur décès.

Les exceptions, comme celles accordées pour l'ancien ministre Jim Flaherty ou pour l'ancien chef du Nouveau Parti démocratique Jack Layton, sont rares et laissées à la discrétion du premier ministre.

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