POLITIQUE

Prix unique du livre: l'arrivée des libéraux inquiète

24/04/2014 12:06 EDT | Actualisé 24/06/2014 05:12 EDT
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MONTRÉAL - L'arrivée au pouvoir du Parti libéral du Québec (PLQ) suscite une inquiétude dans le milieu littéraire, qui craint pour le dossier du prix unique du livre.

Le mouvement «Sauvons les livres» espère que la nouvelle ministre de la Culture, Hélène David, saura se montrer ouverte à l'idée de légiférer.

Car pendant la campagne électorale, le nouveau premier ministre Philippe Couillard a déclaré qu'un gouvernement libéral ne réglementerait pas le prix des livres neufs.

«Effectivement, il y a une inquiétude, mais puisqu'il a dit qu'il serait le premier ministre de tous les Québécois, j'ose espérer qu'il sera capable d'écouter et de prendre le temps d'avoir un portrait général de la situation», a exposé Élodie Comtois, porte-parole du regroupement.

Le chef libéral a témoigné de son intention de donner un coup de pouce aux libraires et à soutenir le milieu, mais sans toutefois préciser quelle forme cette aide pourrait prendre.

Cette ouverture suffit à donner un peu d'espoir aux défenseurs du projet, a fait valoir Mme Comtois, soulignant que sept librairies ont mis la clé sous la porte depuis le début de l'année.

«M. Couillard a lui-même avoué qu'il voulait aider les libraires, mais qu'il ne savait pas comment, a-t-elle lancé. C'est un aveu quand même, un appel à la réflexion. Je voudrais donc dire à son gouvernement et à sa ministre de la Culture de ne surtout pas balayer du revers de la main la question de la réglementation.»

Le prédécesseur de Mme David, le péquiste Maka Kotto, avait annoncé en décembre 2013 l'éventuel dépôt d'un projet de loi sur le prix de vente des livres neufs — imprimés comme numériques — qui limiterait les rabais à 10 pour cent pour les neuf premiers mois.

Par la bouche de la porte-parole en matière de culture de l'époque, Christine St-Pierre, les libéraux avaient indiqué qu'ils ne voteraient pas en faveur d'une telle législation.

Selon Élodie Comtois, cette réaction s'inscrivait «dans un contexte préélectoral». Maintenant que le PLQ est au pouvoir, ses élus pourraient changer leur fusil d'épaule, a-t-elle suggéré.

Le mouvement «Sauvons les livres» regroupe des éditeurs, des libraires et des auteurs. Il est né dans la foulée de la commission parlementaire qui avait étudié, à l'automne dernier, la réglementation du prix de vente des livres neufs.

La Coalition avenir Québec (CAQ) était aussi contre l'intervention de l'État dans la fixation du prix des livres neufs.

Les formations politiques d'opposition n'ont pas été les seules à se prononcer contre cette mesure.

La multinationale Amazon a aussi voulu faire reculer le gouvernement péquiste en s'inscrivant au registre des lobbyistes en décembre.

Renaud-Bray et Costco sont également farouchement opposés à une fixation d'un prix unique pour les livres neufs.

Ce sont ces géants que craignent les acteurs de l'industrie du livre, a plaidé Élodie Comtois.

«Je pense qu'il faut bien prendre en compte la question du risque de l'oligopole qui se pointe à l'horizon, a-t-elle prévenu. La grosse menace, c'est Amazon. C'est un rouleau compresseur à librairies.»

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