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Obama accuse la Russie de ne pas respecter l'accord de Genève sur l'Ukraine

24/04/2014 12:18 EDT | Actualisé 23/06/2014 05:12 EDT

Le président Barack Obama a accusé jeudi la Russie de ne pas respecter l'accord international de Genève destiné à apaiser la tension en Ukraine, et l'a menacée de nouvelles sanctions.

M. Obama s'est exprimé pour la première fois depuis la conclusion surprise de ce compromis jeudi dernier, entre les Etats-Unis, l'Union européenne, la Russie et l'Ukraine. Il a fustigé l'attitude des Russes vis-à-vis de son application.

"Jusqu'à présent, nous ne les avons pas vus respecter ni l'esprit ni la lettre de l'accord de Genève", a déploré M. Obama, lors d'une conférence de presse à Tokyo.

"Nous continuons de voir des hommes armés malveillants prendre des bâtiments, harceler les gens qui ne sont pas d'accord avec eux, déstabiliser la région et nous n'avons pas vu la Russie intervenir pour les décourager", a souligné le président américain.

Le compromis de Genève prévoit notamment le désarmement des groupes illégaux et l'évacuation des bâtiments occupés en Ukraine, aussi bien de la part des pro-occidentaux à Kiev que des séparatistes pro-russes dans l'est du pays. Il avait permis d'apaiser pendant quelques jours la tension entre les Occidentaux et la Russie, qui connaissent leur pire crise diplomatique depuis la fin de la guerre froide.

Le ton est toutefois de nouveau monté mercredi entre Moscou et les Occidentaux, qui s'accusent mutuellement d'orchestrer les actes de leurs partisans et déploient leurs troupes près des frontières ukrainiennes.

Il a ajouté que si la Russie continuait d'ignorer l'accord de Genève et n'agissait pas de façon "plus réfléchie", il y aurait "des conséquences et de nouvelles sanctions" américaines à son encontre, rappelant que les mesures répressives déjà en place avaient "un impact sur l'économie russe".

M. Obama n'a toutefois pas fixé de date butoir à partir de laquelle de nouvelles sanctions pourraient être décidées.

Il a répété qu'il n'y aurait "pas de solution militaire au problème en Ukraine" et souligné que les Etats-Unis travaillaient sans relâche "pour résoudre cette question de façon diplomatique".

Le président américain a salué sur ce point l'attitude des autorités de Kiev: "Nous avons vu le gouvernement ukrainien prendre des dispositions concrètes, introduire une loi d'amnistie et offrir un vaste éventail de réformes dans le respect de la constitution, qui sont dans la logique des discussions de Genève".

L'Ukraine a promis une "décentralisation" aux régions russophones de l'Est, schéma qui leur donnerait certaines prérogatives, ainsi qu'un statut spécial pour la langue russe. Mais Moscou demande une forme de fédéralisme accordant une très large autonomie à ces régions, option dont Kiev ne veut pas entendre parler.

Le vice-président américain Joe Biden s'est rendu à Kiev mardi où il menacé la Russie d'"isolement" si elle continuait de "soutenir" les insurgés.

Après son départ, Washington a annoncé l'envoi de 600 soldats en Pologne et dans les pays baltes, dont 150 hommes de la 173e brigade aéroportée sont arrivés dès mercredi à la base polonaise de Swidwin (nord-ouest).

Les autorités ukrainiennes pro-européennes ont pour leur part relancé leur "opération antiterroriste" contre les séparatistes pro-russes qui ont saisi des bâtiments et des villes de l'Est du pays. En réponse, la Russie s'est dite mercredi prête à intervenir si ses intérêts étaient menacés dans cette région.

Le Kremlin a reconnu avoir massé ses troupes à sa frontière avec l'Ukraine en raison des tensions dans ce pays.

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