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Naufrage: les familles des victimes s'en prennent à des responsables

24/04/2014 09:21 EDT | Actualisé 24/06/2014 05:12 EDT

JINDO, Corée du Sud - Le ministre sud-coréen des Pêches et le patron de la garde-côtière du pays ont été pris à partie, jeudi, par les familles de certaines des victimes qui manquent toujours à l'appel après le naufrage du traversier Sewol, la semaine dernière.

Des proches en colère ont empêché les deux responsables de quitter le secteur où les familles se rassemblent, au moment où plus de 130 personnes sont toujours portées disparues. Le bilan officiel s'établit maintenant à 175 morts.

Pour sa part, un parlementaire de l'opposition affirme avoir en main un document qui démontre que le traversier était lourdement surchargé au moment de la catastrophe.

Le ministre des Pêches et des Océans Lee Ju-young, le patron de la garde-côtière Kim Seok-kyun et son adjoint Choi Sang-hwan ont été invectivés par des proches en colère qui leur ont reproché de mentir au sujet de l'opération de secours et qui ont exigé que les fouilles se poursuivent toute la nuit.

On leur a aussi demandé pourquoi des centaines de plongeurs civils n'ont pas pu participer aux recherches. Certains proches ont pleuré pendant toute la confrontation.

«Nous faisons notre travail et nous, aussi, nous nous sentons comme vous, a répondu M. Kim. Nous tentons d'obtenir tout l'équipement possible.»

Environ 700 plongeurs s'activent autour du navire qui a sombré le 16 avril, a indiqué Koh Myung-seok, un porte-parole de l'agence gouvernementale qui coordonne les recherches. Il a révélé que plus de 340 plongeurs bénévoles se sont présentés sur place, mais que seulement 16 ont pu plonger.

M. Koh a ensuite indiqué que certains sont ressortis de l'eau au bout de seulement 10 minutes, après avoir pris des photos. Les autorités en ont conclu que les plongeurs civils ralentissent les opérations.

La cause de la tragédie n'est pas encore connue mais Moon Ki-han, le vice-président de Union Transport, la firme qui a chargé le fret du Sewol, prétend que le traversier transportait 3608 tonnes de fret, soit nettement plus que ce qui avait été déclaré par le capitaine Lee Joon-seok: 150 voitures et 657 tonnes de fret, chaque voiture pesant environ une tonne.

De son côté, un parlementaire de l'opposition, Kim Yung-rok, affirme détenir des documents qui démontrent que le Sewol transportait plus de trois fois et demie la quantité de fret autorisée. Son bureau a dévoilé certains de ces documents à l'Associated Press.

M. Kim ajoute que le navire a été modifié à la fin de 2012 et au début de 2013. Un inspecteur avait alors découvert que son centre de gravité avait été rehaussé de 51 centimètres, ce qui veut dire que sa capacité de fret aurait été réduite de plus de la moitié — de 2437 tonnes à seulement 937 tonnes.

Pourtant, le propriétaire du traversier, la firme Chonghaejin Marine, déclarait une capacité de 3963 tonnes, soit la même capacité que celle déclarée par le précédent propriétaire japonais, «A» Line Ferry. La contradiction entre les différents chiffres demeure inexpliquée.

«L'opérateur du navire veut faire de l'argent et il cherche instinctivement à ajouter plus de fret», a toutefois expliqué l'ancien capitaine Lee Gwee-bok, qui est maintenant président de l'Association pour le développement du port d'Incheon.

Des mandats d'arrestation ont été émis jeudi contre quatre membres d'équipage.

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