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Mondial-2014 - Ghiggia: "J'ai fait quelque chose pour mon pays"

24/04/2014 05:55 EDT | Actualisé 24/06/2014 05:12 EDT

"J'ai fait quelque chose pour mon pays", se félicite Alcides Ghiggia, auteur du but décisif pour l'Uruguay sacré champion du monde au détriment du Brésil en 1950 (2-1) lors du fameux "Maracanazo", dans un entretien exclusif à l'AFP.

A 87 ans, l'ancien ailier droit est le dernier survivant parmi les 22 joueurs qui ont participé à ce match décisif pour le titre lors du premier Mondial organisé au Brésil (il n'y avait pas de finale en tant que telle à cette époque, NDLR).

Q: Quel est votre souvenir du but ?

R: "Il reste gravé dans ma mémoire. C'est des moments délicats, et parfois quelque chose d'inespéré arrive: il fallait décider en quelques secondes de ce que je devais faire dans cette action de jeu. J'ai eu la chance de tirer au ras du poteau et marquer le deuxième but. C'était une grande joie. Dans ce moment, on pense à sa famille, ses amis. Voilà le souvenir le plus intime que j'ai de ce but".

Q: Comment vous sentez-vous aujourd'hui en pensant à cela ?

R: "C'est un très beau souvenir parce que j'ai fait quelque chose pour mon pays. Notre pays est connu grâce au sport, surtout au football. J'ai beaucoup voyagé à l'étranger, et on m'a toujours demandé: +Comment se fait-il qu'un pays aussi petit ait tant de titres ?+ Moi je réponds toujours: parce que l'Uruguayen aime le foot, vit le foot, commence à jouer au foot tout petit. C'est comme ça qu'on forme des joueurs. C'est pour ça qu'il n'y a rien d'étonnant que dans un tel pays apparaissent des joueurs comme les nôtres".

Q: Quand vous êtes-vous rendu compte que ce but resterait dans l'histoire ?

R: "Pas sur le moment, parce que j'étais très jeune (23 ans, ndlr). Je n'ai pris conscience de son impact que quelques années plus tard, quand on a commencé à écrire des livres sur le sujet, qu'on m'interrogeait dessus".

Q: Ce but a fait de vous un héros national et changé votre vie...

R: "Un héros, non, je suis un de ceux qui ont joué ; on ne joue pas seul mais à onze. C'est vrai que ce but a changé ma vie, parce qu'il m'a fait un nom et qu'en 1952 je suis allé jouer en Europe, à la Roma et au Milan".

Q: A l'inverse, le gardien brésilien Barbosa a été maudit dans son pays...

R: "On a rejeté la faute sur lui, mais ce sont les onze qui gagnent et les onze qui perdent. Et puis, ils sont assez fanatiques au Brésil".

Q: Qu'est-ce que le fantôme du Maracana ?

R: "Le fantôme du Maracana, ce sont les journalistes qui l'ont créé, pas moi ! (rires) Je ne sais pas si c'est moi le fantôme du Maracana, ou un autre, je ne sais pas ! (rires)"

Q: Quelle était l'ambiance dans le stade après le but ?

R: "Il y a eu ce grand silence, c'était très étonnant. Après la fin du match, nous, les Uruguayens, ressentions de la joie. Il y avait ce silence dans le stade et des gens qui pleuraient".

Q: D'où votre fameuse phrase: "Seules trois personnes ont fait taire le Maracana: Frank Sinatra, le pape, et moi". De quand date-t-elle ?

R: "Je l'ai prononcée la première fois lors d'une interview sur TV Globo au milieu des années 1960. J'étais interrogé sur le Maracanazo et la phrase m'est venue à l'esprit. Ce n'était pas préparé".

Q: Peut-il y avoir un autre Maracanazo ?

R: "Dans la vie, on ne sait pas ce qui peut se passer. Il faut attendre, voir comment va jouer l'Uruguay, si l'équipe se qualifie, voir si elle marquera des buts".

Q: Qu'attendez-vous de la sélection uruguayenne actuelle ?

R: "J'espère toujours que l'Uruguay gagne: je veux voir l'Uruguay champion du monde, en tant que supporteur, en tant que spectateur. J'espère être avec eux".

Q: Quel est votre favori pour la Coupe du monde ?

R: "L'Allemagne me paraît la plus indiquée".

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