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L'Ukraine lance une autre opération dans l'Est, la Russie annonce des manoeuvres

24/04/2014 08:04 EDT | Actualisé 24/06/2014 05:12 EDT

SLOVIANSK, Ukraine - Les forces ukrainiennes ont lancé une opération, jeudi, pour déloger les insurgés prorusses des édifices gouvernementaux qu'ils occupent dans l'est du pays, provoquant de nouvelles menaces du président russe Vladimir Poutine.

Dans les heures ayant suivi le déclenchement de l'opération ukrainienne, qui a coûté la vie à au moins deux insurgés prorusses, le ministre russe de la Défense a annoncé de nouveaux exercices militaires par les troupes massées à la frontière ukrainienne.

Les déclarations de M. Poutine et de son ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, ajoutent à l'anxiété entourant une éventuelle incursion militaire russe en Ukraine. La veille, le ministre russe des Affaires étrangères avait prévenu qu'une attaque contre les citoyens ou les intérêts russes dans l'est de l'Ukraine provoquerait une réponse forte de la Russie.

À Kiev, le président ukrainien par intérim a accusé la Russie de soutenir les séparatistes dans l'Est et demandé à Moscou de cesser sa campagne d'intimidation et de laisser l'Ukraine tranquille.

Dans un discours à la nation, le président Olexandre Tourtchinov a déclaré que la Russie «coordonne et soutient les tueurs terroristes» dans l'est du pays, où des édifices gouvernementaux d'au moins dix villes ont été pris par des hommes armés prorusses.

M. Tourtchinov a affirmé que la Russie devait retirer ses troupes et «cesser les menaces et le chantage constants».

Son ministre des Affaires étrangères, en visite à Prague, a également condamné la décision de la Russie de lancer de nouvelles manoeuvres militaires, affirmant que son pays combattrait toute tentative d'invasion.

«Nous allons nous battre avec les troupes russes si (...) elles envahissent l'Ukraine. Le peuple et l'armée de l'Ukraine sont prêts à le faire», a affirmé Andreï Deshchytsia à l'Associated Press.

À Saint-Pétersbourg, Vladimir Poutine a décrié l'«opération punitive» lancée par l'Ukraine et menacé Kiev de conséquences dont il n'a pas précisé la nature.

«Si le gouvernement de Kiev utilise l'armée contre son propre peuple, alors c'est clairement un crime grave», a dit le président russe.

La Russie a déjà des dizaines de milliers de soldats stationnés dans les régions frontalières de l'Ukraine. Les nouveaux exercices russes impliqueront l'infanterie au sud et à l'ouest, de même que les forces aériennes qui patrouillent la frontière, a indiqué le ministre de la Défense.

Le secrétaire général adjoint de l'OTAN, le général Alexander Vershbow, a critiqué la Russie pour ses «menaces voilées» et estimé que les troupes russes devraient retourner dans leurs bases.

Le gouvernement ukrainien et les pays occidentaux craignent que la Russie ne cherche qu'un prétexte pour envahir l'est de l'Ukraine. M. Poutine nie que des agents russes soient présents sur le territoire ukrainien, mais insiste pour dire qu'il a le droit d'intervenir pour protéger la communauté russe vivant dans l'est de l'Ukraine.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a prévenu jeudi que la crise en Ukraine pourrait rapidement échapper à tout contrôle.

Dans un communiqué publié par son bureau, M. Ban se dit «profondément préoccupé» par la poursuite des violences dans la région et affirme que les «actions militaires doivent être évitées à tout prix».

«Les enjeux sont maintenant très élevés», affirme le communiqué.

La ville de Sloviansk, à environ 160 kilomètres de la frontière russe, semble être devenue le coeur de l'insurrection armée dans l'est de l'Ukraine.

Le ministère ukrainien de l'Intérieur a déclaré jeudi que l'armée et les forces spéciales de la police avaient tué «jusqu'à cinq terroristes» en détruisant des points de contrôle érigés par des insurgés au nord de Sloviansk. Un membre des forces gouvernementales a été blessé, précise le ministère.

La situation était plutôt calme jeudi dans la ville, mais les points de contrôle avaient été abandonnés, et on ne sait pas si les militants prorusses qui les dirigeaient sont partis définitivement.

Un reporter de l'Associated Press présent sur les lieux a toutefois constaté, dans l'après-midi, que certains points de contrôle avaient été repris par les insurgés.

Au moins 10 véhicules blindés de l'armée ukrainienne ont été vus sur la route au nord de Sloviansk, tandis que deux hélicoptères survolaient la zone. Les troupes ont ordonné aux résidents de se mettre à l'abri durant l'opération.

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