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Les institutions de l'Union européenne sont vulnérables devant la corruption

24/04/2014 12:53 EDT | Actualisé 24/06/2014 05:12 EDT

BRUXELLES - La complaisance, la complexité des règles et l'inégalité dans la surveillance ont rendu les principales institutions de l'Union européenne (UE) vulnérables devant la corruption, selon une étude indépendante.

Le rapport de l'organisation non gouvernementale Transparency International se décrit comme étant la première étude complète sur la façon dont la Commission européenne, le Parlement européen et d'autres institutions de l'UE agissent pour assurer leur intégrité, leur transparence et leur responsabilité.

Le document de 244 pages a été rendu public jeudi.

On y découvre notamment une augmentation du nombre de rencontres secrètes lors desquelles des détails importants sont inscrits dans les lois de l'UE. Un total de 1549 de ces rencontres se sont tenues entre 2009 et 2014, mais aucun document public ne permet de savoir qui y a assisté ni les accords qui y ont été conclus, selon l'organisation.

Transparency International révèle par ailleurs qu'une seule des 10 institutions de l'UE analysées a des règles claires permettant de protéger les dénonciateurs.

On retrouve au moins 15 000 lobbyistes à Bruxelles, mais aucune limite n'a été imposée quant au nombre de rencontres qu'ils peuvent avoir avec des dirigeants de l'Union européenne. Le groupe a également découvert que les comités officiels chargés de surveiller l'application des règles d'éthique n'ont souvent pas suffisamment d'indépendance ni de pouvoir. Rien ne prouve par ailleurs que l'information que les commissaires européens et membres du Parlement européen sont censés fournir pour empêcher les conflits d'intérêts et l'enrichissement illicite est vérifiée.

Transparency International a effectué ses recherches pendant neuf mois pour produire le rapport sur l'intégrité de l'UE. L'une des institutions majeures de l'Union, le Parlement européen, a refusé de collaborer, selon l'organisation.

En réaction au rapport, un porte-parole de la Commission européenne, Antonio Gravili, a affirmé à l'Associated Press que l'institution prenait très au sérieux l'honnêteté et la transparence au sein du gouvernement.

Selon M. Gravili, «il est impossible d'éliminer complètement les risques de corruption, de fraudes et de malversations, mais le rapport reconnaît clairement que la Commission a pris des mesures importantes pour réduire ce risque à son minimum».

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