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L'embellie économique se confirme en Espagne, mais le chômage pèse

24/04/2014 11:37 EDT | Actualisé 24/06/2014 05:12 EDT

La reprise de l'économie espagnole s'est accélérée au premier trimestre avec une croissance qui devrait être la plus forte depuis le début de la crise, mais le chômage, qui touche encore un actif sur quatre, reste le principal point noir.

Six ans après avoir été frappée doublement par l'éclatement de sa bulle immobilière et le démarrage de la crise financière internationale, la quatrième économie de la zone euro semble donc revenir sur les rails.

Le chef du gouvernement conservateur Mariano Rajoy s'en est félicité jeudi: "nous avons reconstruit notre économie en un temps record, nous avons les meilleures fondations et le vent souffle en notre faveur", a-t-il dit dans un discours prononcé à Barcelone.

Il en a profité pour réviser à la hausse ses attentes: "l'Espagne va croître en 2014 de plus de 1% et en 2015 notre croissance sera bien au-dessus de 1,5%".

La veille, son ministre de l'Economie Luis de Guindos avait déjà amélioré les prévisions, attendant une hausse du PIB "en moyenne d'environ 1,5%" entre 2014 et 2015.

Le gouvernement conservateur tablait jusque-là sur une croissance de 1% en 2014 puis 1,5% en 2015.

La Banque d'Espagne attend, elle, 1,2% cette année et 1,7% en 2015.

"Selon les informations disponibles, encore incomplètes, nous estimons que le PIB a augmenté de 0,4%" au premier trimestre 2014 par rapport au trimestre précédent, écrit-elle jeudi dans son bulletin mensuel. Des estimations généralement vérifiées par les chiffres officiels, attendus le 30 avril.

Si elle se confirme, cette croissance de 0,4% serait la plus forte enregistrée en Espagne depuis le premier trimestre 2008.

L'économie du pays avait ensuite traversé deux récessions en cinq ans, pour ne renouer avec une timide croissance (+0,1%) qu'au troisième trimestre 2013, renforcée au quatrième (0,2%).

- Confiance des marchés -

Entre janvier et mars, "l'économie espagnole a prolongé la trajectoire de reprise progressive de l'activité, dans un contexte qui a vu une nouvelle avancée de la normalisation sur les marchés financiers et la consolidation graduelle de l'amélioration sur le marché du travail", affirme la Banque d'Espagne.

Le régulateur cite notamment la "légère" amélioration de la demande interne (consommation des ménages et investissement des entreprises), longtemps morose dans un pays miné par le chômage, et l'apport positif des exportations, qui ont permis en 2013 de diviser par près de deux le déficit commercial du pays.

Objet de toutes les inquiétudes ces dernières années, avec un pic de tension atteint à l'été 2012 où le pays avait été proche du sauvetage, l'Espagne a aussi recouvré la confiance des marchés.

L'économie espagnole est "en voie de nette amélioration", saluait mardi l'agence de notation Moody's, tablant elle aussi sur une reprise de la demande interne, après avoir relevé d'un cran la note du pays en février, à Baa2, avec une perspective positive.

Pendant que la Bourse madrilène frôle son niveau record en trois ans, le Trésor a emprunté jeudi, à des taux d'intérêts toujours plus bas, 5,565 milliards d'euros en obligations à moyen et long termes, et a ainsi déjà bouclé 42,9% de son plan de financement annuel.

Grâce à ces meilleures conditions, il devrait revoir à la baisse dans les prochains jours ses besoins de financement pour 2014, a annoncé mercredi Luis de Guindos.

Mais l'emploi reste le principal point noir de l'économie.

"Le grand objectif est de croître et créer de l'emploi", a rappelé jeudi Mariano Rajoy.

"L'objectif est de parvenir à deux années de croissance de suite, avec une création nette d'emploi et cela sera la porte de sortie de crise de l'Espagne", avait dit mercredi Luis de Guindos.

Cette création d'emploi sera pourtant "clairement insuffisante" face à un chômage proche de son record historique, à 25,73% (chiffre révisé jeudi).

Alors que les chiffres du chômage au premier trimestre seront publiés le 29 avril, le ministre a rappelé que "le premier trimestre est toujours le pire, en termes d'emploi", avant de reconnaître: "un pays qui à 26% de chômage part d'un niveau qui est terrifiant".

La Banque d'Espagne table sur un chômage encore à 25% en 2014, puis 23,8% en 2015.

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