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Le débat sur l'oléoduc Keystone XL résumé en une scène à Washington

24/04/2014 08:44 EDT | Actualisé 24/06/2014 05:12 EDT

WASHINGTON - Une représentation du débat tumultueux qui se déroule aux États-Unis autour du projet d'oléoduc Keystone XL a été présentée jeudi sur l'une des scènes les plus célèbres du monde, à Washington.

Quelques dizaines de personnes ont bruyamment manifesté contre l'oléoduc et une poignée de journalistes les ont suivis. Un ou deux partisans du projet les ont invectivés. Au même moment, des centaines de badauds passaient par là, certains curieux, d'autres indifférents. La plupart semblaient plutôt insouciants de la cause de ce vacarme.

La scène s'est déroulée entre les marches du Lincoln Memorial et le célèbre bassin d'eau du parc du National Mall, dans la capitale américaine. Les manifestants opposés à l'oléoduc ont promis de mener des actes de désobéissance civile durant leur rassemblement de cette semaine à Washington, et certains s'attendent à ce qu'il y ait des arrestations.

À la fin de la journée, les manifestants ont quitté les lieux sans incident, bien que certains d'entre eux se soient aventurés dans l'eau du bassin, ce qui est interdit. La police gardait un oeil sur le groupe, mais n'a émis qu'un avertissement verbal avant de laisser partir tout le monde.

Deux manifestants qui se sont immergés dans le bassin portaient une bannière où l'on pouvait lire: «Rester dans l'eau pourrait me valoir une arrestation. TransCanada pollue l'eau potable et rien ne se passe».

L'événement était en quelque sorte une représentation en miniature du débat entourant l'oléoduc Keystone XL aux États-Unis.

Un nouveau sondage rendu public cette semaine laisse penser que l'oléoduc est plus populaire que jamais: 61 pour cent des électeurs américains l'appuient. Dans ce même sondage Rasmussen mené auprès de 1000 personnes, 27 pour cent des Américains se disent opposés au projet.

Le projet d'oléoduc, dont l'objectif est d'acheminer le pétrole issu des sables bitumineux de l'Alberta vers les raffineries du Texas, est présentement bloqué par les efforts énergiques menés par des militants au Nebraska et au sein du Parti démocrate. Il semble maintenant que le projet ne sera pas approuvé avant l'an prochain, s'il finit par l'être.

L'un des manifestants présents jeudi à Washington a été membre de l'équipe de transition du président Barack Obama et membre du personnel d'un élu démocrate du Congrès. Wizipan Garriott a aussi été agent de liaison du président Obama auprès des peuples autochtones en 2008.

«Ne capitulons pas devant les entreprises multinationales et leur cupidité», a-t-il affirmé jeudi.

L'événement du jour s'inscrivait dans le cadre d'une manifestation d'une semaine organisée par un groupe de propriétaires terriens et de communautés autochtones, qui se sont baptisés «Alliance des cowboys et des Indiens».

M. Garriott ne se laisse pas convaincre par les milliers d'emplois en construction qui pourraient être créés par le projet d'oléoduc.

«Ils vont créer, quoi, 30 emplois permanents? Je dirige une entreprise pour notre tribu et nous avons créé 22 emplois en deux ans», souligne-t-il.

Alors que la foule s'approchait du bassin, il y a eu une petite échauffourée en arrière-plan. Un homme a crié: «Nous voulons l'oléoduc!». Quand un manifestant lui a demandé de partir, il a refusé. Plusieurs passants ont discrètement poursuivi leur chemin. D'autres se sont arrêtés pour assister à la scène ou prendre des photos, dont Matt Dempsey, qui travaille pour une société pétrolière.

«Il n'est pas très surprenant que peu de gens se soient présentés pour cet événement aujourd'hui», a-t-il dit. «Il y a un appui bipartite écrasant à travers le pays pour Keystone XL. Alors quand une petite poignée de manifestants se présentent à Washington par une belle journée, je pense que cela montre que les opposants sont clairement en train de perdre leur élan dans leur opposition à Keystone XL.»

Pour montrer que le débat sur l'oléoduc n'est pas toujours personnel, M. Dempsey et un militant environnemental se sont brièvement fait l'accolade à la fin de la manifestation, sous l'oeil des caméras de télévision.

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