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La "fracture numérique": l'autre défi du NETmundial

24/04/2014 12:45 EDT | Actualisé 23/06/2014 05:12 EDT

La "fracture numérique" entre les populations bénéficiant d'un accès à internet et celles qui en sont privées s'impose comme l'un des principaux défis du NETmundial de Sao Paulo.

Ce sommet international sur la gouvernance d'Internet qui s'est ouvert mercredi veut placer l'accès universel au web en tête de sa feuille de route pour le futur du réseau.

Aujourd'hui, l'ONU dénombre plus de 2,7 milliards d'internautes, soit plus d'un tiers de la population mondiale, alors qu'il n'y en avait encore que 2,3 en 2012 et 1,15 milliard en 2007.

"Un tiers de la population a désormais accès à internet, au savoir et aux outils qu'il fournit. Un nombre incroyable de personnes dispose désormais d'une plateforme pour exprimer leurs opinions et participer à la vie de la société, du commerce à la prise de décisions démocratiques", s'est réjoui mercredi Wu Hongbo, secrétaire général adjoint des Nations unies pour les affaires économiques et sociales, à l'ouverture du NETmundial.

Cette réunion rassemble pour la première fois gouvernements, universitaires, instituts techniques, acteurs privés et ONGs pour tenter de poser les jalons d'une gouvernance mondiale d'internet.

En clôture du sommet jeudi, les participants doivent valider des principes de gouvernance, mais aussi une feuille de route pour le développement futur du web.

Dans ce cadre, la réduction de la "fracture digitale" s'impose comme un thème clé, car sans accès global, l'idée d'un internet démocratique ne peut évidemment être mise en pratique.

Selon l'ONU, 1,3 milliard de ménages dans le monde - soit près de 5 milliards de personnes - ne sont pas toujours connectés alors que la quasi-totalité de la planète a aujourd'hui accès au cellulaire mobile.

- 'Une double fracture' -

Les spécialistes soulignent que cette fracture entre connectés et non-connectés se produit sur deux niveaux, entre les villes et les campagnes, mais surtout entre pays développés et pays en développement.

"Pas moins des deux tiers de la population mondiale n'est pas encore connectée à internet. Le taux de pénétration est environ de 16% en Afrique" contre 80% en Amérique du nord ou plus de 60% en Europe, explique à l'AFP Nnenna Nwakanma, co-créatrice du "Free Software and Open Source Foundation for Africa" (FOSSFA), une organisation panafricaine pour la promotion des logiciels libres.

"Dans les 49 pays les moins développés du monde, plus de 90% de la population n'est toujours pas en ligne (...) or tous mériteraient d'avoir accès à l'information, aux publications, au savoir via un internet accessible", clame-t-elle.

Pour Wu Hongbo, l'accès de cette population à internet est indispensable "pour en finir avec la pauvreté, l'inégalité et pour protéger et renouveler les ressources de la planète". "La gouvernance internet doit avant tout en finir avec la fracture digitale", exhorte-t-il.

De son côté, la présidente brésilienne Dilma Rousseff a annoncé que les conclusions du NETmundial "devaient inclure l'accès universel à internet, qui est absolument déterminant pour que le web puisse servir d'outil au développement humain et social".

"Nous avons besoin d'un accès pour lutter contre la pauvreté, pour contribuer à l'éducation, pour promouvoir les services de santé, pour pousser les administrations à progresser et pour économiser de l'argent", résume Nnenna Nwakanma.

Pour Tim Berners Lee, un des pères fondateurs du réseau et créateur de la fondation World wide Web, qui oeuvre pour un internet ouvert à tous, cela va même plus loin.

"La possibilité de se comprendre et de vivre en paix repose sur un internet ouvert", a-t-il clamé mercredi à Sao Paulo.

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