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La Chine restreint le dépôt des doléances aux autorités centrales

24/04/2014 07:11 EDT | Actualisé 24/06/2014 05:12 EDT

Les Chinois souhaitant faire remonter leurs doléances jusqu'aux autorités centrales à Pékin n'en auront bientôt plus le droit, a rapporté jeudi la presse d'Etat, au sujet de ce qui apparaît comme une nouvelle mesure pour faire taire les plaignants.

Depuis des siècles, les Chinois ordinaires ont en théorie la possibilité de dénoncer les abus des autorités locales aux niveaux supérieurs de l'administration, un "droit de pétition" maintenu sous la Chine communiste.

Mais les plaignants -- également désignés sous le terme de pétitionnaires -- se verront interdire à partir du 1er mai de s'adresser directement aux administrations centrales s'ils s'estiment victimes d'injustices, a précisé le journal China Daily.

Il n'est pas évident toutefois que cette annonce dissuadera les nombreux pétitionnaires originaires des quatre coins de la Chine qui viennent régulièrement à Pékin pour tenter d'obtenir réparation de préjudices qu'ils n'arrivent pas à faire reconnaître par les autorités locales. En effet, ils n'ont souvent plus grand chose à perdre.

Les associations de défense des droits de l'Homme dénoncent régulièrement des actions déloyales de responsables provinciaux pour empêcher des pétitionnaires de manifester ou d'adresser leurs doléances au gouvernement central.

Cette nouvelle mesure ne pourra donc que satisfaire ces officiels locaux, qui redoutent qu'un trop grand nombre de plaintes ne nuisent à leur évaluation et donc à leur carrière.

Les pétitionnaires sont souvent retenus de force dans des hôtels ou autres bâtiments transformés en lieux d'emprisonnement secrets, les "prisons noires".

fms-seb/jug/ml

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