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Israël suspend les négociations de paix et sanctionne les Palestiniens

24/04/2014 01:33 EDT | Actualisé 24/06/2014 05:12 EDT

Israël a décidé jeudi de suspendre les négociations avec l'Autorité palestinienne et de la sanctionner après sa réconciliation avec le Hamas, enfonçant le processus de paix parrainé par Washington dans la crise.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré à la chaîne américaine NBC que l'accord de réconciliation entre l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) du président Mahmoud Abbas et les islamistes du Hamas était "un pacte (qui) tue la paix".

Cet accord, qui prévoit la formation d'un cabinet de "consensus national" avec le Hamas, bête noire d'Israël qu'il considère comme un "groupe terroriste", et la tenue d'élections fin 2014, a été annoncé en pleine crise dans les négociations de paix qui n'ont pas abouti à un résultat tangible depuis leur reprise en juillet 2013.

L'annonce de la suspension des négociations a été faite à l'issue d'une réunion de cinq heures du cabinet de sécurité regroupant M. Netanyahu et ses principaux ministres.

"Le cabinet a décidé à l'unanimité que le gouvernement israélien ne négociera pas avec un gouvernement palestinien s'appuyant sur le Hamas, une organisation terroriste qui appelle à la destruction d'Israël", a indiqué un communiqué du bureau du Premier ministre.

"En outre, Israël va prendre un certain nombre de mesures en réponse aux gestes unilatéraux" des Palestiniens, a-t-il ajouté, en allusion à des sanctions qui n'ont pas été précisées dans l'immédiat.

"Je pense que ce qui s'est passé est un grand revers pour la paix, parce que nous espérions que le président Abbas fasse sienne l'idée d'un Etat juif et celle de deux Etats-nations: l'un palestinien et l'autre juif", a dit M. Netanyahu à NBC.

"Mais en fait il a fait un énorme pas en arrière et conclu un pacte avec le Hamas, une organisation terroriste qui appelle à la destruction d'Israël", a-t-il poursuivi.

Le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007 et qui rejette les négociations avec Israël, est aussi considéré comme une "organisation terroriste" par les Etats-Unis et l'Union européenne.

- 'Etudier toutes les options' -

L'Autorité palestinienne a promis d'étudier "toutes les options" en réponse aux décisions punitives d'Israël, selon le négociateur Saëb Erakat.

La direction palestinienne se réunira ce week-end à Ramallah en Cisjordanie pour discuter de la crise. Parmi les options possibles, elle pourrait choisir d'adhérer à de nouveaux traités et organisations internationales.

"La priorité maintenant pour les Palestiniens est la réconciliation et l'unité nationale", a déclaré à l'AFP M. Erakat.

Ce n'est pas la première fois que les frères ennemis du mouvement national palestinien annoncent la formation imminente d'un gouvernement de consensus. Le Hamas, au pouvoir à Gaza, et le Fatah qui a son QG en Cisjordanie, avaient signé des accords de réconciliation en 2011 et 2012 pour mettre fin à leurs divisions mais les échéances fixées avaient été constamment repoussées.

M. Erakat a en outre accusé Israël de "vol" alors que ce pays impose déjà des sanctions à l'Autorité palestinienne en gelant le transfert des taxes qu'il perçoit pour le compte de l'Autorité après les récentes demandes d'adhésion de la Palestine à 15 traités et conventions internationaux.

"Cet argent nous appartient (...) La décision de bloquer des fonds palestiniens est du vol et de la piraterie que la communauté internationale doit stopper", a-t-il dit.

- Abbas parle aux Américains -

M. Abbas a commencé jeudi ses consultations pour former le "cabinet de consensus" qu'il dirigera et qui sera composé de personnalités indépendantes.

Il a reçu l'émissaire américain Martin Indyk dont le pays a exprimé sa "déception" après l'accord de réconciliation et a eu une conversation téléphonique avec le secrétaire d'Etat John Kerry, sponsor du processus de paix, selon des sources palestiniennes.

Le département d'Etat a averti que la réconciliation palestinienne aurait "évidemment des implications" sur l'aide américaine.

A l'étranger, la Turquie et la Tunisie ont salué l'accord de réconciliation inter-palestinien, alors que le chef de la Ligue arabe Nabil al-Arabi a affirmé le soutien de son organisation à M. Abbas face "aux pressions israéliennes".

M. Abbas avait expliqué mercredi que les négociations avec Israël et la réconciliation palestinienne n'étaient pas incompatibles, réitérant l'engagement des Palestiniens en faveur de la paix sur la base du droit international.

Selon Jibril Rajoub, un proche de M. Abbas, le "cabinet de consensus proclamera de façon claire et nette qu'il accepte les conditions du Quartette" (Etats-Unis, Russie, Union européenne, ONU). Ce dernier exige du Hamas qu'il reconnaisse Israël et renonce à la lutte armée.

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