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Israël se retire des pourparlers de paix avec les Palestiniens

24/04/2014 12:35 EDT | Actualisé 24/06/2014 05:12 EDT

JÉRUSALEM - Le gouvernement israélien a suspendu les pourparlers de paix au Proche-Orient et menacé d'imposer de nouvelles sanctions aux Palestiniens, jeudi, en réponse à l'accord de réconciliation conclu mercredi par les deux factions palestiniennes rivales.

Le cabinet israélien de Sécurité s'est réuni d'urgence, jeudi, après que le Hamas et le Fatah eurent convenu de former un gouvernement d'unité et d'organiser de nouvelles élections, une réconciliation qui pourrait mettre fin à la querelle qui les divise depuis sept ans.

Israël s'oppose à toute participation du Hamas à la politique palestinienne, puisque le Hamas est un groupe islamiste voué à la destruction de l'État juif. Des membres de l'organisation ont tué des centaines d'Israéliens lors d'attentats-suicides et d'autres actes de violence au cours des deux dernières décennies.

Dans un communiqué, le bureau du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou affirme qu'il ne négociera pas avec un gouvernement palestinien qui s'appuie sur le Hamas.

Le communiqué reproche au président palestinien Mahmoud Abbas son association avec une «organisation terroriste meurtrière qui souhaite la destruction d'Israël».

Le communiqué indique que de nouvelles sanctions pourraient être imposées. Israël a déjà suspendu par le passé le transfert des taxes et impôts qu'il récolte au nom des Palestiniens, ce qui équivaut à environ 100 millions $ US par mois. Ces fonds aident à soutenir le gouvernement autonome de M. Abbas.

Des pays arabes ont promis de fournir un montant équivalent à l'Autorité palestinienne si Israël décidait de suspendre de nouveau ces transferts mensuels.

M. Nétanyahou a toutefois laissé la porte ouverte à une reprise des négociations, dont la phase actuelle doit expirer mardi.

Mahmoud Abbas «a encore l'occasion de renverser le cours des choses, d'aller dans la bonne direction, d'abandonner son pacte avec le Hamas», a déclaré le premier ministre israélien à la chaîne américaine NBC TV. «J'espère qu'il le fera. Parce que si nous sommes face à une direction palestinienne et à un gouvernement palestinien qui sont prêts à poursuivre d'authentiques négociations de paix, nous serons présents.»

Le négociateur palestinien en chef, Saeb Erekat, a toutefois estimé que la réconciliation des factions palestiniennes était une affaire interne.

«Israël n'a pas le droit d'interférer dans ce dossier», a-t-il dit. Il a qualifié toute éventuelle sanction israélienne de «piraterie» et affirmé que les revenus provenant des taxes et impôts appartenaient exclusivement aux Palestiniens.

John Kerry ne perd pas espoir

Les États-Unis, qui chapeautent le processus de paix sous la gouverne du secrétaire d'État John Kerry, ont affirmé jeudi qu'ils n'étaient pas prêts à annoncer l'échec des négociations.

«Il y a toujours moyen d'avancer», a déclaré M. Kerry aux journalistes réunis jeudi au département d'État à Washington.

Le secrétaire d'État a toutefois affirmé que les dirigeants israéliens et palestiniens devaient accepter de faire des compromis afin que les discussions puissent se poursuivre au-delà de l'échéancier du 29 avril. S'ils ne le font pas, la paix «deviendra vraiment insaisissable», a-t-il estimé.

«Nous n'abandonnerons jamais notre espoir ou notre engagement envers les possibilités de paix», a affirmé M. Kerry. «Nous pensons que c'est la seule manière de procéder. Mais en ce moment, évidemment, nous sommes à un point très difficile et les dirigeants eux-mêmes doivent prendre des décisions. Cela dépend d'eux.»

Le secrétaire d'État avait réussi à persuader les deux parties de retourner à la table des négociations en juillet, après une impasse de près de cinq ans.

Son objectif initial était de conclure un accord de paix élargi pour mettre fin à des décennies de conflit. Mais après des mois d'efforts non concluants, M. Kerry a revu ses objectifs à la baisse et tenté d'obtenir un «accord-cadre» préliminaire en avril, avec une poursuite des négociations pour élaborer les détails finaux.

Malgré ses dix visites dans la région et de nombreux entretiens téléphoniques avec les dirigeants israéliens et palestiniens, M. Kerry a finalement dû abandonner ses objectifs plus modestes et se contenter de chercher seulement la poursuite des discussions.

Les négociations, minées par de nombreux désaccords, ont connu un nouveau revers le mois dernier, quand Israël a refusé de libérer un quatrième groupe de prisonniers palestiniens, comme il avait promis de le faire au début des négociations.

Les Palestiniens ont répliqué en relançant leur campagne de reconnaissance de l'«État de Palestine» par les instances internationales. Les Palestiniens ont ainsi adhéré à 15 traités internationaux, poussant Israël à les accuser de contourner les négociations de paix.

Mahmoud Abbas a fait un pari audacieux en se rapprochant du Hamas. Les États-Unis et l'Union européenne considèrent qu'il s'agit d'un groupe terroriste et pourraient décider de couper des centaines de millions de dollars en aide qu'ils fournissent chaque année aux Palestiniens en guise de représailles.

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