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Attentat de Nairobi: deux des quatre morts sont les auteurs de l'attentat (officiel)

24/04/2014 09:46 EDT | Actualisé 24/06/2014 05:12 EDT

Deux des quatre personnes tuées mercredi soir dans l'explosion d'une voiture piégée devant un commissariat de Nairobi, étaient les passagers du véhicule arrêté par la police, qui ont déclenché leurs explosifs en arrivant au commissariat, selon les autorités kényanes.

"La voiture avait été arrêtée à un barrage. Le véhicule a semblé suspect aux policiers, ils ont décidé d'emmener les passagers au poste de police. Ils sont montés avec eux dans le véhicule, suivi par une voiture de patrouille", a expliqué à l'AFP le conseiller en communication du ministère de l'Intérieur, Mwenda Njoka.

"Quand ils sont arrivés devant le commissariat, (les suspects) ont fait exploser le véhicule" dans lequel ils se trouvaient avec les deux policiers, a-t-il poursuivi.

Les autorités ne pensent pas que le commissariat du quartier de Pangani, devant lequel a eu lieu l'explosion, était la cible initiale de la voiture piégée. "Je pense que c'est circonstanciel", a expliqué M. Njoka.

Deux policiers ont par ailleurs été légèrement blessés dans la voiture de police qui suivait, a-t-il précisé. L'attaque n'a pas été revendiquée.

Le commissariat de Pangani est situé à quelques centaines de mètres de l'entrée du quartier d'Eastleigh, surnommé "Little Mogadiscio" en raison de la forte population somalienne ou kényane d'ethnie somali qui y vit.

Eastleigh a été le théâtre de plusieurs attentats, dont une triple explosion qui a fait six morts le 31 mars. La police y est massivement déployée depuis, ainsi qu'à Pangani. Des barrages ont été érigés dans les deux quartiers et les véhicules y sont fouillés.

Le Kenya a subi plusieurs attaques, notamment à Nairobi, depuis que son armée est entrée en octobre 2011 dans le sud de la Somalie pour y combattre les islamistes somaliens shebab, mais aucun attentat au véhicule piégé n'y avait été enregistré depuis l'attentat contre l'ambassade des Etats-Unis, en 1998, attribué à Al-Qaïda, qui avait fait plus de 200 morts et plus de 5.000 blessés.

Mi-mars, deux personnes avaient été arrêtées à bord d'une voiture piégée à Mombasa, deuxième ville du pays et principale ville de la Côte kényane, très majoritairement musulmane dans un pays se revendiquant à 80% chrétien. Leur cible reste inconnue à ce jour.

L'explosion de mercredi est "inquiétante car c'est le premier attentat kamikaze au Kenya depuis 1998", a commenté une source sécuritaire interrogée par l'AFP. Cette source a dit également douter que le commissariat était la cible initiale de la voiture piégée.

Le Kenya est en état d'alerte depuis un attentat raté mi-janvier à l'aéroport international de Nairobi, quatre mois après le spectaculaire assaut mené par un commando islamiste contre le centre commercial Westgate dans la capitale, qui a fait au moins 67 morts, l'attaque la plus meurtrière dans le pays depuis l'attentat contre l'ambassade américaine.

ayv/aub

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