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Algérie: des policiers suspendus après la répression de manifestants en Kabylie

24/04/2014 01:57 EDT | Actualisé 24/06/2014 05:12 EDT

Des policiers impliqués en début de semaine dans une violente répression de manifestants en Kabylie ont été suspendus, a annoncé jeudi le ministre de l'Intérieur Tayeb Belaïz en parlant d'"actes isolés" de ces membres des forces de l'ordre.

"Le directeur général de la Sûreté nationale, a ordonné qu'une enquête soit ouverte à ce sujet et les personnes impliquées dans les dépassements ont été suspendues de leurs fonctions par mesure préventive", a déclaré le ministre.

"Si des preuves corroborent les faits signalés, ces personnes seront déférées devant la justice comme tous les citoyens", a-t-il ajouté.

Des images de l'intervention policière diffusées sur internet continuaient encore jeudi de susciter des réactions indignées dans le pays. On y voit des policiers tabassant sans ménagement des manifestants, traînant au sol l'un d'entre eux, visiblement inconscient.

Le quotidien El Watan faisait mercredi sa une sur "la répression policière qui choque les Algériens".

Les forces de l'ordre "sont tenues par le respect rigoureux des lois de la République dans toutes leurs interventions" et "si des dépassements ont été enregistrés, ils sont exceptionnels et relèvent d'actes isolés", a affirmé M. Belaïz.

Selon lui, les forces de l'ordre "ont fait montre d'un haut degré de professionnalisme dans le traitement des émeutes, manifestations et marches dans certaines wilayas (départements)".

Des affrontements ont opposé dimanche et lundi à Tizi-Ouzou (100 km à l'est d'Alger) des manifestants, célébrant comme chaque année le 34e anniversaire du "printemps berbère", aux policiers, qui ont procédé à des interpellations et utilisé des gaz lacrymogènes.

Il y a 34 ans, alors que l'Algérie était encore sous le régime du parti unique, la Kabylie s'était soulevée pour la reconnaissance de l'identité et de la culture berbères.

La répression du mouvement avait culminé le 20 avril 1980 quand les forces de l'ordre ont pris d'assaut l'université de Tizi-ouzou, fer de lance de la contestation. Depuis, cette date est commémorée chaque année par des manifestations souvent festives.

ao/faa

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