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Ukraine: le géant russe de l'acier, NLMK, menace de licencier en Europe en cas de sanctions

23/04/2014 09:06 EDT | Actualisé 23/06/2014 05:12 EDT

Le géant russe de l'acier NLMK a mis en garde l'UE contre la suppression de "milliers" d'emplois en Europe si la crise ukrainienne débouchait sur des sanctions économiques contre la Russie, dans un courrier publié mercredi par La Libre Belgique.

Le courrier, confirmé par la branche belge du groupe, a été adressé à la Commission européenne, ainsi qu'aux gouvernements de Belgique, France, Italie et Danemark, où NLMK est implanté, selon le quotidien belge. La Commission européenne a affirmé ne pas être au courant de son existence.

Cette lettre "a été envoyée par la direction européenne du groupe, c'est tout le contraire d'une menace, c'est une action de prévention à l'égard des autorités européennes afin d'attirer l'attention sur les conséquences possibles des sanctions", a indiqué sur la télévision belge RTBF la porte-parole de NLMK Europe, Caroline Marlair.

La division européenne de NLMK emploie 2.500 personnes dans quatre pays européens, dont un millier sur deux sites en Belgique et 167 à Strasbourg, dans l'est de la France. Dirigé par l'oligarque Vladimir Lissine, le groupe est aussi présent en Italie et au Danemark.

Des sanctions éventuelles contre l'acier russe dans le cadre de possibles mesures économiques contre la Russie auraient "des répercussions négatives importantes" sur l'activité européenne de NLMK, mentionne le courrier du groupe, selon les extraits publiés par la Libre Belgique.

La lettre cite des problèmes d'approvisionnement pour "d'importants utilisateurs finaux" en Europe, "ainsi que la fermeture temporaire ou permanente des installations de production en Europe".

Celles-ci étant "régulièrement déficitaires (...) l'arrêt forcé du soutien financier de la société mère pourrait déclencher leur insolvabilité et fermeture", ce qui serait "inévitablement suivi du licenciement de milliers de travailleurs dont la masse salariale en 2013 représentait 161 millions d'euros", détaille NLMK.

la Commission européenne, qui évalue actuellement l'impact qu'auraient sur l'UE des sanctions économiques contre la Russie, "fait son travail comme prévu, et les commentaires des autres ne l'affectent pas", a commenté un de ses porte-parole, Michael Mann.

Il a rappelé qu'un éventuel passage à des sanctions économiques devrait être décidé "à l'unanimité des Etats membres". Or, les 28 Etats de l'UE sont divisés sur l'opportunité de telles sanctions. L'UE n'a convenu jusque là que d'allonger la liste des 33 personnalités russes et ukrainiennes pro-russes visées par des sanctions ciblées.

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