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Syrie: pas d'amélioration de l'accès humanitaire (rapport de Ban Ki-moon au Conseil)

23/04/2014 08:14 EDT | Actualisé 23/06/2014 05:12 EDT

"L'accès humanitaire pour ceux qui ont le plus besoin de secours en Syrie ne s'améliore pas", a constaté le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon dans un rapport transmis mercredi au Conseil de sécurité.

Deux mois après l'adoption par le Conseil de sécurité de la résolution 2139 appelant les belligérants à laisser entrer l'aide humanitaire et à lever les sièges de plusieurs villes syriennes, M. Ban a conclu "qu'aucune des parties au conflit n'a respecté les exigences du Conseil".

"Les civils ne sont pas protégés (et) la sécurité se détériore", a-t-il ajouté.

"Des milliers de gens n'ont pas accès aux soins médicaux, y compris vitaux, dont ils ont besoin", souligne le rapport, qui rappelle qu'il s'agit "d'une violation flagrante des lois humanitaires internationales".

"Le Conseil de sécurité doit agir pour traiter ces violations flagrantes des principes fondamentaux de la législation internationale", affirme M. Ban.

Il "demande instamment une nouvelle fois aux parties prenantes, en particulier au gouvernement syrien, de respecter ses obligations au regard des lois humanitaires internationales et d'agir immédiatement".

Le régime et l'opposition armée "doivent faciliter la livraison des secours essentiels aux civils qui en ont besoin, en particulier dans les zones les plus difficiles d'accès", souligne le rapport, rappelant que selon l'ONU 3,5 millions de personnes sont privés de services essentiels en raison du conflit.

M. Ban estime aussi "honteux" que malgré l'appel du Conseil de sécurité à lever les sièges de plusieurs villes syriennes dont Homs (centre), près de 250.000 personnes restent prises au piège des combats.

197.000 personnes sont bloquées dans des zones tenues par les forces gouvernementales, notamment à Homs, dans la Ghouta autour de Damas et dans le camp palestinien de Yarmouk et 45.000 vivent dans des zone assiégées par l'opposition armée, précise le document.

M. Ban appelle une nouvelle fois les belligérants à "coopérer avec l'ONU pour établir des accords durables" permettant aux convois humanitaires de traverser les frontières et les lignes de front.

Il demande aussi à Damas de lever les obstacles administratifs car "des civils meurent sans raison chaque jour" en raison de la lenteur des secours.

Il souligne enfin que "les bombardements aveugles de zones habitées continuent, y compris aux moyens de barils d'explosifs".

Le rapport d'une vingtaine de pages fait un point précis des obstacles auxquels doivent faire face les agences humanitaires et ONG actives en Syrie et ne signale que "de modestes progrès" dans la livraison de l'aide.

Il s'agit du deuxième rapport élaboré par les services de M. Ban depuis l'adoption unanime de la résolution 2139 le 22 février dernier. Le premier rapport concluait que l'accès humanitaire restait "extrêmement difficile".

Le Conseil doit se pencher sur ce deuxième rapport le 30 avril prochain.

La résolution 2139, adoptée par les 15 membres du Conseil de sécurité, y compris par la Russie, fidèle alliée de Damas, ne prévoit pas de sanction automatique en cas de non respect de ses dispositions mais elle laisse ouverte la possibilité d'agir ultérieurement contre les récalcitrants.

Il faudra cependant pour cela une nouvelle résolution du Conseil, à laquelle la Russie pourra mettre son veto.

Pour faire pression sur le régime syrien, plusieurs membres occidentaux du Conseil (Etats-Unis, France, Royaume Uni, Luxembourg, Australie, Jordanie) préparent un projet de résolution demandant que la Cour pénale internationale soit saisie de la situation en Syrie et puisse ainsi sanctionner les responsables d'exactions dans les deux camps.

Affamer la population civile et la priver de secours humanitaires peut constituer un crime de guerre punissable par la CPI.

Les responsables de cinq agences de l'ONU ont lancé mercredi à Genève un appel commun aux belligérants en Syrie afin qu'ils lèvent les obstacles à l'aide internationale.

9,3 millions de Syriens ont besoin d'aide, dont 3,5 millions sont privés d'assistance.

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