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Soudan du sud: Washington et Paris favorables à des sanctions (diplomates)

23/04/2014 07:25 EDT | Actualisé 23/06/2014 05:12 EDT

Les Etats-Unis et la France se sont prononcés pour des sanctions de l'ONU à l'encontre des responsables d'exactions au Soudan du Sud, au cours de consultations mercredi au Conseil de sécurité, ont indiqué des diplomates.

"Nous voulons que le Conseil envisage un régime de sanctions", a déclaré l'ambassadrice américaine Samantha Power, cité par ces diplomates, au cours de ces consultations à huis clos.

Son homologue français Gérard Araud a "soutenu pleinement la proposition américaine": "Nous devons affirmer que les responsables seront punis", a-t-il affirmé.

Selon l'ONU, les rebelles sud-soudanais ont tué il y a quelques jours des centaines de civils à Bentiu (Etat d'unité), un massacre qualifié "d'abomination" par la Maison Blanche.

A son entrée au Conseil de sécurité, M. Araud avait déclaré que la France était favorable à des sanctions et soutiendrait les Etats-Unis si ceux-ci proposaient cette mesure.

"Nous devons envisager des décisions, peut-être des sanctions", avait-il déclaré à des journalistes, soulignant que "des atrocités sont commises par les deux camps" au Soudan du Sud.

Le Conseil n'a cependant annoncé dans l'immédiat aucune décision.

Sa présidente, l'ambassadrice du Nigeria Joy Ogwu a souligné à l'issue des consultations que "le Conseil était uni et déterminé à faire que (ces exactions) ne se produisent plus".

"La plupart" des pays membres ont souhaité "envoyer un message sans équivoque" aux belligérants, a-t-elle ajouté sans cependant parler de sanctions.

Elle a qualifié "d'intolérable" les attaques contre les bases de l'ONU où sont réfugiés des milliers de civils, comme celle qui s'est produite à Bor jeudi dernier.

Le patron des opérations de maintien de la paix de l'ONU Hervé Ladsous a accusé les deux camps de "ne pas être prêts à cesser les hostilités" malgré l'accord de cessez-le-feu qu'ils ont conclu et qui est resté jusqu'ici lettre morte.

"Cela ne peut pas durer ainsi", a-t-il martelé. "Tant qu'il n'y aura pas des conséquences graves pour les parties prenantes (...) le bilan des pertes civiles continuera de croitre", a-t-il affirmé en évoquant "une catastrophe humanitaire de plus en plus certaine".

avz/bdx

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