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Sécurité renforcée à Copacabana après une soirée d'émeute

23/04/2014 11:27 EDT | Actualisé 23/06/2014 05:12 EDT

La sécurité a été renforcée mercredi à Copacabana, l'un des quartiers les plus touristiques de Rio de Janeiro, au lendemain d'une soirée d'émeute au cours de laquelle un jeune homme a été tué par balle.

Mercredi matin, à 50 jours du coup d'envoi du Mondial de football, des dizaines de policiers militaires patrouillaient aux abords et dans la favela Pavao-Pavaozinho, entre les quartiers de Copacabana et d'Ipenama, a rapporté une journaliste de l'AFP.

Après les affrontements de mardi soir entre des jeunes révoltés par la mort d'un des leurs et la police, la tension est retombée d'un cran, en ce jour férié de Saint Jorge, le patron très vénéré à Rio des policiers et des délinquants armés.

Les pompiers ont déblayé à l'aube les barricades barrant les rues d'accès à la favela auxquelles les habitants révoltés avaient mis le feu.

En contrebas, à Copacabana, dont l'avenue principale avait été fermée mardi soir à la circulation, des surfeurs se rendaient à la plage, planche sous le bras, au milieu de policiers d'élite lourdement armés.

Mardi en fin d'après-midi, l'annonce de la mort violente de Douglas Rafael da Silva Pereira, alias DG, un danseur de la favela travaillant pour un programme de la télévision Globo, avait déclenché une émeute très violente.

Des dizaines de jeunes en furie étaient descendus de la favela perchée sur une colline vers les rues de Copacabana et Ipanema, affrontant la police qui a usé pour les disperser de gaz au piment et fait usage de tirs à balles réelles.

Un déficient mental de 27 ans a été tué d'une balle en pleine tête, tirée selon les habitants par un policier pendant l'émeute.

La police s'est limitée à indiquer que le danseur retrouvé la veille mort dans un recoin d'une crêche de la favela présentait des blessures pouvant avoir été causées par "une chute".

Mais le rapport d'autopsie publié mercredi par le site d'information G1 du journal Globo indique que la mort a été causée par "une hemorragie interne provoquée par une blessure perforante au thorax".

"C'est comme si on l'avait transpercé avec un objet en fer. Il y avait beaucoup de sang, comme si on l'avait trainé contre les murs", a déclaré à Globo la mère du jeune homme, l'aide-infirmière Maria de Fatima da Silva.

Selon des amis du jeune homme, celui-ci aurait été rossé à mort lundi par des agents de l'Unité de police pacificatrice (UPP) de la favela, qui l'auraient pris à tort pour un trafiquant de drogue et auraient ensuite caché son corps.

Selon des habitants interrogés mercredi par l'AFP, un enfant de 12 ans aurait également été tué mardi soir par la police au plus fort de l'émeute.

Mais l'AFP n'a pu obtenir confirmation de cette information auprès de la police qui n'a publié aucun bilan de l'émeute et n'a pas répondu à ses appels.

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