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Retour jeudi au Sénégal d'Abdoulaye Wade pour soutenir son fils incarcéré

23/04/2014 05:30 EDT | Actualisé 23/06/2014 05:12 EDT

L'ex-président sénégalais Abdoulaye Wade, qui était attendu mercredi à Dakar, après 22 mois d'absence, pour soutenir son fils Karim incarcéré, arrivera finalement jeudi, selon son entourage, qui a accusé les autorités d'avoir fait bloquer son avion au Maroc.

Ces allégations ont été rejetées par le gouvernement qui a accusé M. Wade de chercher "un effet politique" alors que son vol a accusé du retard en raison de procédures normales en matière de sécurité aérienne.

L'ex-président était initialement attendu à Dakar mercredi vers 14H00 (locales et GMT) en provenance de Paris via Casablanca.

"A cause du blocage de l'avion, Wade rentre finalement demain (jeudi) à 15H00", a déclaré mercredi soir à l'AFP son porte-parole, Serigne Mbacké Ndiaye, selon lequel après dix heures d'attente, les pilotes n'ont pas voulu "prendre le risque de voler".

Auparavant, il avait accusé les autorités d'avoir fait bloquer au Maroc l'avion de M. Wade parce qu'elles ne voulaient "pas qu'il arrive en plein jour" à Dakar.

"L'Etat du Sénégal n'a jamais bloqué l'avion d'Abdoulaye Wade, qui cherchait un effet politique", a déclaré à l'AFP le porte-parole du gouvernement sénégalais, Abdou Latif Coulibaly, interrogé au sujet de ces allégations.

Selon lui, la demande de survol du territoire et d'atterrissage au Sénégal pour le vol de M. Wade a subi des modifications à la dernière minute, qui imposaient une nouvelle requête.

Une source aéroportuaire marocaine avait affirmé à l'AFP que l'avion de M. Wade était à l'aéroport de Casablanca dans l'attente d'un feu vert "indispensable" des autorités sénégalaises pour regagner son pays.

Après 22 mois d'absence du Sénégal depuis sa défaite à la présidentielle de 2012, Abdoulaye Wade devait rentrer mercredi à Dakar pour soutenir son fils Karim Wade. Ce dernier, qui fut aussi un super ministre de son régime, est emprisonné depuis le 17 avril 2013 et doit être jugé à partir de juin pour enrichissement illicite présumé.

De nombreux partisans du Parti démocratique sénégalais (PDS), formation d'Abdoulaye et de Karim Wade, ont attendu l'ancien président durant plusieurs heures le long de la route principale menant de Dakar à l'aéroport international.

- "Un retour politique" -

Abdoulaye Wade, 87 ans, qui a dirigé le Sénégal de 2000 à 2012, avait prévu de tenir un meeting à Dakar, finalement interdit par le préfet de la ville par crainte de "troubles à l'ordre public".

Mais avant de quitter Paris, il avait demandé à ses partisans de se rassembler comme prévu, affirmant à une radio sénégalaise qu'il ne rentrait pas pour "déstabiliser" le régime de Macky Sall, son ancien Premier ministre qui l'avait battu au second tour de la présidentielle du 25 mars 2012.

Sa volonté de se présenter à un nouveau mandat avait cristallisé les mécontentements et provoqué de violentes manifestations parfois meurtrières dans tout le Sénégal, en particulier à Dakar.

Dans un entretien au quotidien français Le Monde lundi, son père a accusé Macky Sall d'avoir "utilisé l'idée de la traque des biens mal acquis pour combattre Karim, le faire condamner, le priver de ses droits civiques pour qu'il ne se présente pas en 2017" à la présidentielle.

M. Wade a choisi "un retour politique (...). Personne ne doit jouer à déstabiliser le pays. Ce n'est conforme ni à son âge, encore moins à son statut d'ancien chef d'Etat", a dit le porte-parole du parti présidentiel, Seydou Guèye, à une radio locale.

Outre le soutien à son fils, "Wade est secrétaire général d'un parti qui se prépare (à aller) aux élections locales" et "il a l'obligation de venir soutenir" sa formation, selon son porte-parole.

Des élections locales sont prévues le 29 juin au Sénégal. Le PDS contrôle plusieurs communes et régions mais il traverse une période de turbulence depuis le départ du pouvoir d'Abdoulaye Wade.

Plusieurs dirigeants du PDS sont également poursuivis, emprisonnés ou interdits de sortie du territoire dans le cadre de la traque des biens mal acquis présumés menée par les autorités et que M. Wade qualifie de "chasse aux sorcières".

En tant qu'ancien chef de l'Etat aujourd'hui agé, Abdoulaye Wade devrait quant à lui échapper à toute poursuite judiciaire.

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