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Procès Navalny: un écrivain russe appelle Yves Rocher à faire marche arrière

23/04/2014 12:38 EDT | Actualisé 23/06/2014 05:12 EDT

L'écrivain russe Boris Akounine a appelé mercredi les dirigeants de l'entreprise française Yves Rocher à faire marche arrière dans la procédure qui les oppose à l'un des détracteurs du Kremlin, Alexeï Navalny, qu'ils accusent de détournements financiers, et dont le procès s'ouvre jeudi.

Ce procès contre le charismatique avocat de 37 ans "s'inclut dans une série de procès fabriqués, grâce auxquels le régime autoritaire tente d'exclure (M. Navalny) de la vie politique", a dénoncé dans une lettre ouverte Boris Akounine, proche de l'opposition russe.

"Vous avez ainsi aidé le pouvoir poutinien à isoler cet homme de la société", a poursuivi l'écrivain, connu pour ses romans policiers historiques traduits dans le monde entier.

"Si le plus célèbre opposant russe va en prison à cause de l'entreprise française la plus connue en Russie, le nom d'Yves Rocher deviendra un symbole de honte", a-t-il mis en garde.

Alexeï Navalny, l'un des chefs de file de la vague de contestation contre le régime de Vladimir Poutine, est accusé avec son frère Oleg d'avoir détourné 27 millions de roubles (546.000 euros) à la marque de cosmétiques française en Russie.

Le procès, qui s'ouvre jeudi, pourrait valoir à l'opposant jusqu'à dix ans de prison.

"Je ne sais pourquoi vous avez accepté de participer à ce jeu peu glorieux: sans doute qu'un refus aurait été une source de graves problèmes pour vos diverses activités en Russie", a écrit M. Akounine.

"Yves Rocher Vostok a traité cette affaire comme l'aurait fait toute entreprise indépendante susceptible d'avoir été victime (...) et n'entend pas faire d'autres commentaires à ce stade", a réagi un porte-parole de l'entreprise dans un mail envoyé à l'AFP.

Il s'agit de la troisième affaire judiciaire en une semaine dans laquelle M. Navalny, un avocat aux accents parfois nationalistes, connu pour avoir révélé sur internet des cas de corruption, est cité.

"Ne vous taisez pas", a demandé Boris Akounine aux dirigeants d'Yves Rocher. "Rappelez-vous que vous n'êtes pas seulement des hommes d'affaires, vous êtes aussi les citoyens d'un pays qui est considéré, dans le monde, comme la patrie de la liberté et des droits humains".

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