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Portugal : la troïka se heurte toujours aux syndicats, hostiles à de nouveaux sacrifices

23/04/2014 12:32 EDT | Actualisé 23/06/2014 05:12 EDT

La troïka des créanciers du Portugal a tenu mercredi à Lisbonne une ultime réunion avec les représentants des syndicats et du patronat du pays, se heurtant, comme auparavant, au refus des partenaires sociaux d'accepter de nouveaux sacrifices de la population.

"Nous ne sommes pas prêts à supporter davantage de flexibilité qui implique des coûts élevés pour les salariés", a déclaré Carlos Silva, secrétaire général de la centrale syndicale UGT à l'issue de la rencontre qui a duré deux heures et demie.

Son homologue de la confédération syndicale CGTP, Arménio Carlos, a regretté le fait que la troïka considère le programme de rigueur du pays comme "une réussite", alors que "le Portugal est désormais plus pauvre et plus injuste sur un plan social".

Les créanciers oeuvrent en faveur d'une "nouvelle révision du droit du travail pour faciliter les licenciements et réduire les revenus à travers la réduction de la rémunération des heures supplémentaires", s'est insurgé le dirigeant syndical.

La troïka n'a pas non plus convaincu les représentants du patronat, plutôt critiques vis-à-vis de la cure d'austérité prescrite au pays qui a freiné la croissance et la consommation des ménages.

Si le Fonds monétaire international a insisté sur la nécessité de revoir le droit du travail pour soutenir la reprise économique, "ce n'est pas une priorité pour les employeurs", a relevé Joao Vieira Lopes, président de la Confédération du Commerce et des services du Portugal.

Le programme d'austérité du Portugal sera soumis dans six mois à un "audit" réalisé par un organisme indépendant, ont assuré les partenaires sociaux citant les représentants des créanciers.

Malgré le prochain départ de la troïka, le Portugal continue à être contrôlé "par une police dont on ne connaît ni le visage ni l'uniforme", a déploré Arménio Carlos.

Interpellé au Parlement, le Premier ministre Pedro Passos Coelho a indiqué que "tant que le Portugal n'aurait pas remboursé 75% de sa dette, il y aurait toujours des évaluations", mais "différentes" de celles menées par la troïka.

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