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Les Palestiniens signent un nouvel accord de réconciliation, au grand dam d'Israël

23/04/2014 11:41 EDT | Actualisé 23/06/2014 05:12 EDT
ASSOCIATED PRESS
Israel's Prime Minister Benjamin Netanyahu, chairs the weekly cabinet meeting in Jerusalem, Sunday, Dec. 8, 2013. (AP Photo/Uriel Sinai, Pool)

Les Palestiniens ont signé mercredi à Gaza un nouvel accord de réconciliation, s'attirant la vindicte des dirigeants israéliens au moment où le processus de paix est totalement enlisé.

En réaction, Israël a accusé le président palestinien Mahmoud Abbas d'avoir choisi "le Hamas et non la paix" et a annulé une session de négociations avec les Palestiniens prévue mercredi soir.

Le négociateur en chef palestinien Saëb Erakat a toutefois assuré à l'AFP qu'aucune réunion n'était programmée dans la soirée avec la partie israélienne.

Aux termes de l'accord de réconciliation, l'OLP (Organisation de libération de la Palestine), reconnue internationalement comme le seul représentant du peuple palestinien, et le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir à Gaza, ont convenu de former un gouvernement de "consensus national" dans les prochaines semaines.

Ce gouvernement, dirigé par M. Abbas et composé de personnalités indépendantes, sera constitué d'ici cinq semaines, a indiqué un communiqué conjoint lu par le chef du gouvernement du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, en présence d'une délégation de l'OLP, en visite depuis mardi soir.

Aussitôt, des scènes de liesse populaire ont éclaté dans toute la bande de Gaza aux cris d'"Unité, unité !".

- Raid israélien sur Gaza -

Peu après, l'aviation israélienne a effectué une frappe sur le nord de Gaza, blessant six civils palestiniens, dont un très grièvement, selon le ministère de l'Intérieur du Hamas. Dans un communiqué, l'armée israélienne a affirmé avoir mené "une opération de contre-terrorisme" dans le nord de l'enclave mais a reconnu avoir manqué sa cible.

En début de soirée, trois roquettes ont été tirées de Gaza vers le sud d'Israël, selon un communiqué militaire. L'une d'elles a touché le terminal frontalier d'Erez.

Sitôt intronisé, le nouveau gouvernement palestinien aura pour mission de préparer des élections législatives et présidentielle, qui doivent avoir lieu six mois après que le Conseil législatif palestinien (CLP, Parlement) aura voté la confiance à ce cabinet.

Les dernières législatives dans les Territoires palestiniens remontent à 2006 --elles avaient été remportées par le Hamas -- et la présidentielle, gagnée par M. Abbas, à 2005.

Ce n'est toutefois pas la première fois que les frères ennemis du mouvement national palestinien annoncent la formation imminente d'un gouvernement de consensus.

"Les gens ont déjà entendu la même chose à moult reprises, mais à chaque fois l'accord a été violé par le Fatah ou le Hamas. Il est clair que les deux côtés ne respectent pas leurs engagements", a expliqué Samir Awad, professeur de sciences politiques à l'université de Birzeit (Cisjordanie).

"La réconciliation (palestinienne) et les négociations (avec Israël) relèvent de la tactique. Chaque côté a ses propres calculs et cette réconciliation n'a guère de substance sur le terrain. Elle pourrait capoter à tout instant", a renchéri un autre politologue, Hani al-Masri.

- 'Réconciliation d'abord' -

Le Hamas et le Fatah, principal parti de l'OLP, ont déjà signé des accords de réconciliation au Caire (avril/mai 2011) et à Doha (février 2012) pour mettre fin à la division politique entre la bande de Gaza et la Cisjordanie. Mais les échéances fixées alors ont été constamment repoussées.

Vainqueur des législatives en 2006, le Hamas a chassé le Fatah de la bande de Gaza par la force l'année suivante.

Le Premier ministre israélien a fustigé le choix de M. Abbas et estimé que cela revenait à enterrer le processus de paix.

"Abou Mazen (le surnom de M. Abbas) a choisi le Hamas et non la paix. Quiconque choisit le Hamas ne veut pas la paix", a-t-il déploré dans un communiqué.

"On ne saurait parvenir à la paix sans la réconciliation d'abord", a rétorqué le négociateur palestinien Saëb Erakat, interrogé par l'AFP. "La réconciliation est une priorité nationale palestinienne", a-t-il insisté.

Les pourparlers de paix israélo-palestiniens, relancés en juillet par le chef de la diplomatie américaine John Kerry, sont dans l'impasse.

Une énième rencontre entre négociateurs israéliens et palestiniens mardi à Jérusalem, en présence du médiateur américain Martin Indyk, n'a permis aucune avancée.

Israéliens et Palestiniens multiplient les gestes d'hostilité depuis qu'Israël a refusé de libérer comme prévu le 29 mars un dernier contingent de prisonniers, en réclamant une prolongation des négociations de paix au-delà de l'échéance prévue du 29 avril.

Le président Abbas se déclare disposé à prolonger les discussions, à condition qu'Israël relâche les prisonniers, gèle la colonisation et accepte de discuter de la délimitation des frontières du futur Etat palestinien. Le gouvernement israélien a rejeté ces demandes.

bur-agr/fcc

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