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McDonald's met un frein à son programme des travailleurs étrangers temporaires

23/04/2014 02:50 EDT | Actualisé 23/06/2014 05:12 EDT

VICTORIA - McDonald's Canada a affirmé que les travailleurs étrangers temporaires représentaient un ingrédient nécessaire à son modèle d'affaires, tout en ajoutant que son usage du programme fédéral était suspendu le temps de déterminer pour elle-même et pour l'ensemble des Canadiens si la chaîne de restauration rapide abuse de ce mécanisme.

Après que la chaîne de restaurants eut été la cible de récentes critiques liées à son utilisation de travailleurs étrangers, son vice-président aux ressources humaines, Len Jillard, a affirmé mercredi que l'entreprise se devait de suspendre le programme pendant qu'une tierce partie évalue s'il y a eu abus de travailleurs — étrangers ou canadiens.

«Nous procédons ainsi pour signifier à tous que nous prenons cette question très au sérieux, a dit M. Jillard en entrevue exclusive avec La Presse Canadienne. Nous prenons une pause. Nous nous assurons que nous avons tout en ordre, et je suis convaincu que c'est le cas.»

M. Jillard a dit que McDonald's avait déjà informé le gouvernement fédéral de ses intentions, incluant le ministre fédéral de l'Emploi, Jason Kenney.

«Nous avons eu quelques échanges directs avec le ministre Kenney à propos de l'approche que nous adoptons», a-t-il évoqué.

Le vice-président aux ressources humaines a affirmé que McDonald's suspendait volontairement son usage des avis relatifs au marché du travail (AMT) sur l'embauche des travailleurs étrangers temporaires dans tous ses restaurants canadiens. Le processus des AMT est destiné à s'assurer qu'il n'y ait pas de disponibilité de travailleurs canadiens avant d'autoriser l'embauche de travailleurs étrangers.

Trois franchises des restaurants McDonald's à Victoria et une pizzeria à Weyburn, en Saskatchewan, se trouvent au coeur d'allégations de la part d'employés canadiens, qui soutiennent que des travailleurs étrangers ont obtenu priorité d'emploi et, dans certains cas, les ont remplacés sur une base permanente.

McDonald's a amorcé le mécanisme visant à devenir propriétaire à 100 pour cent des trois franchises situées à Victoria. Le franchisé actuel détenait une participation de 80 pour cent dans les trois établissements.

M. Jillard a affirmé que McDonald's continuait de soutenir l'embauche de travailleurs étrangers temporaires pour pallier à des pénuries de main-d'oeuvre dans certains marchés, particulièrement dans des petites villes de l'Ouest canadien, une région autrement florissante.

«Nous avons estimé qu'il était très approprié, à la lumière des allégations (...) de ne pas faire appel à d'autres travailleurs étrangers temporaires jusqu'à ce que nous soyons en mesure de démontrer à nos franchisés et à Service Canada que notre maison est tout à fait en ordre», a-t-il exprimé.

M. Jillard a indiqué que l'entreprise élaborait les termes généraux de l'analyse par la tierce partie, mais que le choix d'une firme pour mener cet examen n'avait pas encore été fait.

Quatre pour cent des plus de 80 000 employés de McDonald's au Canada sont des travailleurs étrangers temporaires, a indiqué M. Jillard.

À Winnipeg, mercredi, le ministre Jason Kenney a dit croire que McDonald's agissait de manière responsable.

«Et, bien honnêtement, j'encouragerais d'autres entreprises à analyser de plus près leurs propres pratiques, particulièrement pour celles qui ont des activités de franchisés pour lesquelles elles ne sont pas impliquées directement dans les décisions au jour le jour», a dit M. Kenney.

Il a aussi prévenu que les employeurs qui abusaient du programme pourraient faire face à des accusations de fraude et des peines de prison.

Le gouvernement fédéral estime que le nombre de fautifs est mince, mais que les sanctions pourraient être fortes, a dit M. Kenney. «Si un employeur ment dans sa requête pour ce programme, cela pourrait constituer de la fraude, potentiellement, sous la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés, ce qui est une infraction criminelle punissable de peines de prison ou de pénalités très sévères», a affirmé le ministre, lors d'une conférence de presse sur la formation en emploi.

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