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Les séparatistes de Slaviansk disent se préparer à entrer en guerre

23/04/2014 10:27 EDT | Actualisé 23/06/2014 05:12 EDT

Les séparatistes assuraient mercredi qu'ils accéléraient les préparatifs militaires à Slaviansk, leur bastion dans l'est de l'Ukraine, pour faire face à une attaque qu'ils annoncent comme imminente des forces ukrainiennes.

"Nous procédons à une distribution supplémentaire d'armes aux détachements de volontaires, nous améliorons les fortifications en dehors et à l'intérieur de la ville, nous renforçons nos patrouilles", a déclaré à l'AFP Enguen Gorbik, un porte-parole des insurgés devant le siège local du SBU (les services spéciaux ukrainiens) sur lequel flotte désormais le drapeau russe.

La veille, le président ukrainien par intérim Olexandre Tourtchinov a annoncé la relance de l'"opération antiterroriste" contre les insurgés dans l'Est que Kiev accuse être soutenus par le Kremlin.

A la question de savoir d'où proviennent les armes, M. Gorbik, barbe grisonnante et treillis de combat, répond qu'elles ont été "prises à l'ennemi", Moscou n'ayant pas officiellement répondu aux appels de Viatcheslav Ponomarev, l'homme fort des séparatistes, à leur livrer de tels équipements.

"Deux mille" membres des groupes d'"autodéfense" sont au total mobilisés pour repousser un éventuel assaut, ajoute le porte-parole, avant de jurer ses grands dieux qu'aucun soldat russe n'est à leurs côtés, contrairement à ce que prétendent Occidentaux et autorités de Kiev.

- "Photographier les mouvements de troupes " -

Les assaillants potentiels sont "exclusivement Pravy Sektor (des ultranationalistes) et les services de sécurité. En général, ils travaillent main dans la main, tandis que la police a opté pour la neutralité et l'armée refuse catégoriquement de s'ingérer dans les affaires intérieures", explique-t-il.

"Plusieurs milliers" de partisans de Pravy Sektor se trouvent actuellement dans les environs et il y a des heurts avec eux, "certains sont tués", poursuit Evguen Gorbik, sans fournir davantage de précisions.

"Les organes de sécurité oeuvrent à la liquidation de toutes les formations qui agissent actuellement à Kramatorsk, Slaviansk et les autres villes des régions de Donetsk et de Lougansk", a de son côté annoncé mercredi le vice-Premier ukrainien Vitali Iarema.

L'opération avait été suspendue pour Pâques après avoir tourné à la déroute pour les unités déployées dans la région, des chars étant passés sous le contrôle des pro-russes et d'autres ayant rebroussé chemin après avoir été bloqués par la population.

Comme pour montrer que les hostilités avaient effectivement déjà commencé, un ultranationaliste ukrainien qu'ils affirment avoir "fait prisonnier" a été exhibé mercredi matin devant la presse par les séparatistes devant le bâtiment abritant le SBU.

Il s'appelle Dmytro Tomarevski et déclare avoir été "arrêté par les occupants d'un véhicule de patrouille". Bonnet gris sur la tête, il raconte qu'il devait "photographier les mouvements de troupes et repérer les endroits où se trouvent les barricades" dont cette cité de 110.000 habitants est hérissée.

Il a été capturé "il y a deux jours, mais "on le relâchera car il n'a pas de sang sur les mains contrairement à d'autres", dit Evguen Gorbik, qui ne révèle pas combien de ces "agresseurs" sont aujourd'hui détenus.

Mais, au-delà des déclarations martiales, rien ne laissait augurer d'une prochaine "invasion" des forces ukrainiennes.

Les gens déambulaient comme si de rien n'était dans les rues et, aux postes de contrôle sur un pont à l'entrée de Slaviansk, si les insurgés fouillaient presque systématiquement les coffres des voitures, ils se contentaient de regarder passer un camion rempli à ras bord de caisses.

Preuve qu'eux-mêmes n'étaient pas vraiment encore véritablement sur le pied de guerre.

bds/neo/abk

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