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Le Hamas et le Fatah lancent une nouvelle tentative de gouvernement d'unité

23/04/2014 05:43 EDT | Actualisé 23/06/2014 05:12 EDT

Le Hamas et le Fatah, deux factions palestiniennes rivales, ont convenu mercredi de former un gouvernement d'unité et de tenir de nouvelles élections — une étape potentiellement historique qui pourrait colmater la brèche qui a eu pour effet de diviser leur peuple entre deux groupes de dirigeants pendant sept ans.

À la suite de l'annonce du pacte, des centaines de gens ont envahi les rues à Gaza pour célébrer l'événement. Certaines personnes brandissaient des drapeaux palestiniens et des affiches.

Il n'a pas été possible de clarifier comment ce plan pourrait réussir alors que plusieurs tentatives dans le passé ont échoué. Aussi, le projet d'entente vient compliquer les efforts des États-Unis de négocier un accord de paix entre Israël et les Palestiniens. Les États-Unis et Israël ont critiqué l'entente.

En guise de réponse initiale, le bureau du premier ministre d'Israël, Benyamin Netanyahou, a annulé une rencontre qui devait avoir lieu mercredi entre des négociateurs israéliens et palestiniens.

Israël et l'Occident considèrent que Hamas est un groupe terroriste. Le Hamas, qui est vue comme une organisation visant la destruction d'Israël, a tué des centaines d'Israéliens lors d'attentats à la bombe et de fusillade pendant les deux dernières décennies. (Mahmoud) Abbas «doit choisir entre la paix avec Israël et une entente avec Hamas, une organisation terroriste meurtrière qui vise la destruction d'Israël», a affirmé M. Netanyahou.

Dans une déclaration, Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité palestinienne, a déclaré qu'il «n'existait aucune contradiction» entre une telle réconciliation et ses efforts pour en arriver à une «juste paix» avec Israël. Il a aussi affirmé que l'entente de mercredi aiderait les négociateurs palestiniens à en arriver à une solution pour deux États.

Le Hamas s'est emparé de Gaza en 2007, ne laissant que la Cisjordanie aux forces de sécurité de Mahmoud Abbas. Les deux clans se sont confinés à leurs territoires, établissant des gouvernements distincts et leurs propres forces de sécurité.

Cette division est devenue un obstacle majeur aux efforts de Mahmoud Abbas d'établir un État indépendant en Cisjordanie et dans Gaza, avec Jérusalem-Est comme capitale. Israël s'est emparé de ces trois régions en 1967. Cette division est aussi vue par de nombreux Palestiniens comme une bévue tragique.

Les deux parties prévoient former un gouvernement intérimaire d'ici cinq semaines. Des élections présidentielles et parlementaires auraient lieu, au plus tôt, six mois après la formation du gouvernement, a précisé Ismail Haniyeh, premier ministre du gouvernement du Hamas.

Des ententes de principe semblables sont intervenues dans le passé. Mais elles n'ont jamais été mises en pratique en raison de profondes divergences et d'un manque de volonté de céder des pouvoirs. Le Hamas, par exemple, emploie des dizaines de milliers de fonctionnaires et de forces de sécurité à Gaza, et il n'est aucunement pressé de céder le contrôle à un gouvernement central dirigé par M. Abbas. L'organisation a également vu sa popularité chuter, rendant la tenue d'élections risquée.

De son côté, M. Abbas pourrait être isolé sur le plan international et perdre des centaines de millions de dollars en soutien s'il joint ses forces à celles du Hamas. Des donateurs internationaux ont retenu leur apport financier pendant le bref règne d'un gouvernement d'unité palestinien en 2006 et en 2007, avant la prise de contrôle du Hamas, de crainte que l'argent soit transféré au Hamas.

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