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La Chinoise Cao Shunli, décédée, sélectionnée pour le "Nobel" des Droits de l'Homme

23/04/2014 07:56 EDT | Actualisé 23/06/2014 05:12 EDT

La dissidente chinoise Cao Shunli, dont la mort a été annoncée le 14 mars dernier, fait partie des trois nominés pour le prix Martin Ennals, principale distinction du mouvement du droits de l'homme, considéré comme le "Nobel" des Droits de l'homme.

Les deux autres nominés sont Adilur Rahman Khan (Bangladesh) et Alejandra Anchetia (Mexique).

Le lauréat de ce prix, décerné par un jury composé de 10 ONG dont Amnesty International, sera annoncé en octobre prochain à Genève.

Selon un porte-parole de l'organisation Martin Ennals Award, c'est la première fois qu'une défunte fait partie des nominés.

Au moment où les nominés ont été choisis, on pensait que Cao Shunli, portée disparue depuis septembre 2013, était toujours vivante, et c'est cela qui importe, a déclaré en substance le porte-parole.

Cao Shunli avait disparu le 14 septembre 2013, peu avant de prendre l'avion pour Genève, où elle devait participer au Conseil des Droits de l'homme de l'ONU.

Sa mort, à l'âge de 52 ans, a été annoncée le 14 mars dernier. Elle se battait depuis 2008 pour l'accès à l'information, la liberté de parole et la liberté de réunion.

Sujette à un harcèlement permanent, Cao Shunli est "un exemple tragique de représailles dont a souffert une défenseure des droits humains", a indiqué l'organisation dans son communiqué.

La Chine a nié avoir privé de soins Cao Shunli. La dissidente est décédée d'une "défaillance polyviscérale provoquée par une tuberculose et une pneumonie aiguë, malgré tous les efforts pour la sauver", a affirmé Hong Lei, porte-parole de la diplomatie chinoise.

Washington s'était déclaré "profondément troublé" par la mort de Cao Shunli, alors que la représentante de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, s'était de son côté déclarée "profondément attristée".

Les proches de Mme Cao ont affirmé à l'AFP que les autorités chinoises l'ont privée de ses médicaments durant plusieurs mois alors qu'elle était malade et détenue.

Sa libération conditionnelle, en attente de son procès, est intervenue fin février alors qu'elle était déjà au stade "terminal" de sa maladie, ont-ils assuré.

Le prix Martin Ennals, également désigné comme le "prix Nobel des droits de l'Homme" a été créé en 1993 pour honorer ceux qui font preuve d'un "courage exceptionnel" pour défendre les droits de l'Homme.

Il porte le nom de Martin Ennals, un activiste britannique décédé en 1991, qui a été Secrétaire général d'Amnesty International de 1968 à 1980.

La Fondation Martin Ennals est présidée par l'ancienne présidente de Confédération helvétique Micheline Calmy-Rey.

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