POLITIQUE

Conseil des ministres: le «parti de l'économie» devra faire ses preuves

23/04/2014 04:48 EDT | Actualisé 23/06/2014 05:12 EDT
PC

MONTRÉAL - Le conseil des ministres du gouvernement Couillard présente peut-être un mélange de nouveaux visages et d'expérience, il n'en reste pas moins que les défis économiques s'annoncent nombreux, selon les intervenants du milieu.

Le premier ministre Philippe Couillard a fait une place de prédilection à son trio de recrues économiques en confiant les rênes du ministère des Finances à l'ex-économiste en chef de la Banque Laurentienne Carlos Leitao, en plus de nommer Martin Coiteux président du Conseil du Trésor.

Le développement économique relèvera quant à lui de l'ancien président d'Investissement Québec, Jacques Daoust, qui devient ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Exportation, une nouvelle appellation.

«Ils ont une bonne réputation et l'apprentissage peut se faire rapidement, croit le président-directeur général du Conseil du patronat, Yves-Thomas Dorval. Ce sont des personnes qui ont quand même été près de l'actualité économique.»

En entrevue, ce dernier a dit croire que MM. Leitao, Coiteux et Daoust pourront profiter de l'expérience de collègues comme Pierre Arcand, qui devient ministre de l'Énergie, des Ressources naturelles et responsable du Plan Nord.

M. Dorval croit cependant que cette nouvelle équipe devra rapidement se mettre au travail, notamment afin de se pencher sur l'état des finances publiques de la province et mettre en oeuvre des mesures visant à stimuler l'économie.

«Le gouvernement doit arriver avec un projet de budget et les crédits qui vont avec avant la fin de l'été, a-t-il affirmé. Il y a beaucoup de boulot sur la table et des défis immenses.»

Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ) abonde dans le même sens, affirmant que Québec doit rapidement renforcer la confiance des investisseurs en plus d'installer un climat d'affaires concurrentiel.

«La vigueur et la compétitivité de la fabrication québécoise détermineront la capacité de la province (...) à s'inscrire dans une dynamique de croissance suffisamment viable pour permettre un assainissement durable des finances publiques», a dit sa directrice des affaires publiques, Audrey Azoulay.

La décision de M. Couillard de nommer un ministre délégué aux petites et moyennes entreprises — Jean-Denis Girard — a été saluée par la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), qui le voit comme un ambassadeur.

Son directeur des affaires provinciales, François Vincent, a hâte de voir si M. Couillard passera de la parole aux actes quant à ses intentions pour les PME afin qu'elles puissent faire leur part dans la relance de l'économie.

«Les taxes sur la masse salariale sont 45 fois plus élevées ici que dans le reste du Canada, a-t-il souligné. Il y a de la place pour donner de l'air pour leur permettre de croître. Nous avons aimé le discours du premier ministre qui a reconnu notre importance.»

Le gouvernement Couillard devra également trouver une solution dans le dossier de la restructuration des régimes de retraite à prestations déterminées des employés municipaux, un enjeu estimé à quelque 5 milliards $ par l'Union des municipalités du Québec (UMQ).

Son président, Éric Forest, n'a pas raté l'occasion de rappeler qu'il souhaitait connaître «rapidement les échéanciers de réalisation de ces engagements» en plus de reprendre les négociations de l'entente Québec-municipalités.

L'UMQ veut notamment que le gouvernement Couillard respecte ses engagements de diversifier les sources de revenus et de partage des retombées fiscales de l'activité économique des municipalités.

Syndicats prudents

Quant à elles, les centrales syndicales ont dit comprendre la volonté du gouvernement Couillard de relancer l'économie, ajoutant toutefois qu'il ne fallait pas le faire à tout prix.

Le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau, reconnaît la «situation des finances publiques», ajoutant que le nouveau ministre des Finances avait tout un défi devant lui.

«On va souhaiter (qu'il) trouve un équilibre entre l'atteinte du déficit zéro, le remboursement de la dette et le nécessaire financement des services publics», a-t-il dit, au cours d'un entretien.

M. Létourneau est cependant demeuré perplexe en ce qui a trait à la volonté de Québec de récupérer plus de 1 milliard $ dans la fonction publique grâce à des compressions.

«J'ai bien hâte de voir où les libéraux pensent encore couper, mais nous pensons être pas mal au fond du baril, a dit le président de la CSN. Les services qu'on risque de couper, on va les couper directement à la population.»

De son côté, sans commenter «en profondeur» la composition du conseil des ministres, la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) a en quelque sorte mis la table aux négociations des conventions collectives des employés de l'État.

Par voie de communiqué, la centrale syndicale a prévenu que les pourparlers entre les parties impliquées devront se faire dans le «respect».

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