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Attaques au chlore en Syrie: l'ONU évoque une enquête, sans prendre de décision

23/04/2014 02:46 EDT | Actualisé 23/06/2014 05:12 EDT

Les membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont évoqué mercredi l'éventualité d'une enquête internationale sur des attaques présumées au chlore en Syrie mais sans décider qui pourrait la mener, a indiqué la présidente du Conseil, l'ambassadrice nigériane Joy Ogwu.

La France et les Etats-Unis ont indiqué avoir des éléments sur l'utilisation récente de produits industriels toxiques comme du chlore dans le conflit syrien.

"Des membres du Conseil ont exprimé leur vive inquiétude sur les informations selon lesquelles du gaz chloré aurait été utilisé dans certaines localités (syriennes), faisant des morts et des blessés, et ont demandé une enquête sur cet incident", a déclaré l'ambassadrice.

Celle-ci résumait à la presse des consultations à huis clos du Conseil en présence de Sigrid Kaag, qui coordonne la destruction de l'arsenal chimique syrien.

En réponse à des questions, elle a estimé que l'OIAC (Organisation pour l'interdiction des armes chimiques) pouvait "jouer un rôle" dans une enquête, mais a reconnu qu'aucune décision n'avait été prise.

"Nous essayons toujours de vérifier l'authenticité des informations et en attendant nous ne pouvons prendre aucune décision", a-t-elle expliqué. "Nous n'avons pas parlé de qui pourrait enquêter".

Selon des diplomates, Mme Kaag n'a pas pris position sur ce point lors des consultations.

Elle a fait au Conseil un point sur la destruction de l'arsenal syrien, soulignant que 88% des armes chimiques recensées avaient déjà été évacuées du pays.

Selon l'ambassadrice nigériane, Mme Kaag a estimé cette situation "positive" et a jugé que si le rythme se maintenait, la Syrie pourrait achever les évacuations "dans les prochains jours".

La date limite pour sortir du pays toutes les armes chimiques syriennes a été fixée au 27 avril. Les membres du Conseil "se sont montrés optimistes" sur la tenue de ce calendrier, a précisé la présidente du Conseil.

L'ambassadeur syrien à l'ONU Bachar Jaafari a "nié catégoriquement que l'armée syrienne ait utilisé" du gaz chloré. Il a souligné devant des journalistes que le chlore était employé "dans les entreprises de nettoyage ou pour désinfecter des piscines", laissant entendre que ce produit toxique était largement disponible.

Selon des diplomates présents lors des consultations, l'ambassadrice américaine Samantha Power a estimé "qu'il serait à la fois ironique et terrible que le régime ait recours au chlore" alors que ce produit ne fait pas partie de la liste des composants toxiques que la Syrie doit détruire.

L'ambassadeur français Gérard Araud soupçonne de son côté le régime syrien d'utiliser ponctuellement des produits toxiques plus discrets pour éviter une réaction internationale.

Son homologue britannique Mark Lyall Grant s'est déclaré "très troublé" par les informations sur les attaques au chlore. "Nous pensons que ces nouvelles accusations doivent faire l'objet d'une enquête et nous étudions avec nos partenaires les meilleurs mécanismes" pour le faire, a-t-il déclaré à des journalistes à sa sortie du Conseil.

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