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Valeant et Bill Ackman offrent 48 milliards $ US pour Allergan

22/04/2014 09:49 EDT | Actualisé 22/06/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Valeant (TSX:VRX) s'associe avec l'investisseur militant américain Bill Ackman pour tenter de mettre la main sur la firme californienne Allergan, qui fabrique notamment le Botox, dans le cadre d'une offre pouvant atteindre jusqu'à 48 milliards $ US.

Si elle devait se réaliser, cette acquisition majeure représenterait une étape significative dans la croissance de l'entreprise établie à Laval, qui désire devenir l'une des plus grandes sociétés pharmaceutiques au monde en ce qui a trait à la valeur boursière d'ici 2016.

«D'un point de vue géographique, nous devenons un joueur très puissant dans le secteur des produits pharmaceutiques de spécialité, a dit mardi le président et chef de la direction de Valeant, Michael Pearson, à New York. C'est une bonne nouvelle pour les patients ainsi que les médecins du monde entier.»

La société lavalloise propose 48,30 $ US en liquide et 0,83 action de Valeant pour chaque titre d'Allergan — ce qui fait grimper le montant de la transaction à 48 milliards $ en vertu du cours de l'action de Valeant, qui a clôturé à 135,41 $ US à New York, en hausse de 7,5 pour cent.

Les actionnaires de l'entreprise californienne détiendraient 43 pour cent de la nouvelle compagnie. À la Bourse de Toronto, l'action de la pharmaceutique québécoise a terminé la séance à 149,38 $, en hausse de 10,62 $, ou 7,65 pour cent. Le titre d'Allergan (NYSE:AGN) a quant à lui clôturé à 21,65 $ US sur le parquet de New York, en hausse de 15,25 pour cent.

La firme de M. Ackman, Pershing Square Capital Management, est déjà le plus grand actionnaire d'Allergan, avec une participation de 9,7 pour cent. Elle a accepté de ne recevoir que des actions pour cette transaction.

Selon Valeant — une des plus grandes pharmaceutiques au Canada — le regroupement avec Allergan profiterait aux actionnaires des deux entreprises.

«Il s'agit de la combinaison la plus synergétique que j'ai vu en tant qu'investisseur depuis les 20 dernières années et je désire en faire partie», a expliqué M. Ackman, à New York, dans le cadre d'une conférence de presse.

Ce dernier a également passé de longs moments à vanter l'approche de Valeant en matière de croissance, de sa volonté à contrôler ses coûts ainsi qu'à récompenser ses actionnaires.

Advenant une entente, l'entreprise lavalloise estime qu'elle pourrait réaliser de économies annuelles de 2,7 milliards $ grâce à des synergies — dont 80 pour cent seraient réalisées au cours des six premiers mois suivant sa conclusion.

Le pdg de Valeant a également avoir déjà entrepris des pourparlers avec la Commission fédérale du commerce, un organisme américain dont la mission principale est l'application du droit de la consommation et le contrôle des pratiques commerciales anticoncurrentielle.

«Il n'y a pas d'incertitude en ce qui a trait aux autorités antitrust, a expliqué M. Pearson. Nous savons exactement ce que nous avons à faire pour que la transaction se concrétise.»

Ce dernier a également laissé entendre que Valeant ne devrait pas procéder à d'autres acquisitions d'envergure si celle d'Allergan devait se concrétiser. En 2013, Valeant avait notamment mis la main sur Bausch & Lomb Holdings pour 8,7 milliards $.

L'analyste Neil Maruoka de Cannacord Genuity, a indiqué dans une note qu'il recommandait toujours l'achat du titre de Valeant. Son cours-cible pour l'action est de 168 $ US.

«Nous voyons une excellent stratégie afin de combiner plusieurs aspects des entreprises, notamment ce qui a trait aux produits de dermatologie ainsi que d'ophtalmologie», écrit-il.

M. Maruoka se demande toutefois si les actionnaires d'Allergan ont un «appétit» pour le titre de Valeant. Il souligne également qu'une possible augmentation de la dette de Valeant pourrait atténuer certains de ses efforts de réduction de coûts.

Établie à Irvine, en Californie, Allergan est considéré depuis longtemps comme un des plus grands producteurs dans le domaine des produits pharmaceutiques de spécialité.

L'an dernier, ses revenus ont atteint 6,3 milliards $ US, en progression de 12 pour cent par rapport à 2012, grâce notamment à son produit vedette Botox ainsi que des produits ophtalmologiques.

Les ventes de Botox ont quant à elles grimpé de 12 pour cent au cours de l'exercice 2013 pour atteindre 2 milliards $ US.

Lancé en 1989, ce traitement antirides n'a cessé de gagner en popularité depuis. Avec les années, le Botox a également été utilisé dans des procédés visant à traiter les maux de cou et les migraines, notamment.

Valeant a également indiqué qu'elle s'attendait à un bénéfice oscillant entre 8,55 et 8,80 $ par action pour l'exercice en cours, comparativement à ses prévisions précédentes, qui allaient de 8,25 $ à 8,75 $ par action.

Quant à ses revenus, la société lavalloise croit qu'ils devraient varier entre 8,3 milliards $ et 8,7 milliards $, par rapport à sa prévision initiale de 8,2 milliards $ à 8,6 milliards $.

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