NOUVELLES

Un député somalien abattu à Mogadiscio, le 2e assassiné en 24 heures (police)

22/04/2014 03:56 EDT | Actualisé 21/06/2014 05:12 EDT

Un député somalien a été tué par balles mardi à Mogadiscio, a annoncé la police, au lendemain de l'assassinat dans la capitale somalienne d'un autre député, tué dans l'explosion d'une bombe fixée sur sa voiture, deux meurtres revendiqués par les islamistes shebab.

Abdiaziz Isak Mursal a été abattu mardi près de son domicile du quartier Madina, dans le sud de la capitale, par deux hommes qui ont pris la fuite. "Nous n'avons pas de détails, mais je peux vous confirmer que le député est mort", a déclaré à l'AFP un policier, Mohamed Dalane. Les assassins "lui ont tiré dessus à plusieurs reprises et il est mort sur le coup", a-t-il ajouté.

Les insurgés islamistes shebab ont revendiqué le meurtre, comme ils avaient déjà endossé la responsabilité de l'attentat à la bombe qui a tué lundi un autre député, Isak Mohamed Ali, et blessé son collègue Mohamed Abdi.

"Nous sommes responsables du meurtre de ce député mécréant qui servait les intérêts des étrangers", a déclaré mardi Abdulaziz Abu Musab, un porte-parole des shebab à l'AFP, "c'est un message aux autres hommes politiques du soi-disant gouvernement de Somalie".

La veille, sur Radio-Andalus, station des shebab, ce même porte-parole avait déjà déclaré que les shebab avaient lundi "visé et tué un de ceux qui se prétendent législateurs et blessé un autre".

"Ces apostats aidaient les infidèles", avait-il ajouté, prévenant que "tous (les parlementaires) sont des cibles des moudjahidine et seront tués un par un".

Les shebab avaient déjà promis fin septembre 2012 de "tuer un par un" tous les députés somaliens de la nouvelle Chambre, désignée le mois précédent, et revendiqué l'assassinat, 48 heures plus tôt, de l'un d'entre eux.

En décembre dernier, un autre député, Feisal Warsame Mohamed, avait été tué par l'explosion d'une bombe placée sous son siège dans sa voiture. Le véhicule du député Cheikh Adan Mader avait lui aussi explosé en juillet 2013, mais le parlementaire s'en était tiré indemne.

Les shebab ont perdu un à un la plupart de leurs bastions du sud et du centre de la Somalie, dont ils contrôlaient une large part, depuis qu'ils ont été chassés de Mogadiscio en août 2011.

Face à la puissance de feu largement supérieure d'une force africaine (Amisom) déployée depuis 2007 en Somalie, ils ont abandonné le combat conventionnel et privilégient désormais actions de guérilla et attentats, notamment à Mogadiscio.

La désignation, fin 2012, d'une nouvelle Chambre et d'un nouvel exécutif, parallèlement à la série de défaites militaires des shebab, avait suscité l'espoir d'un retour à la paix en Somalie, privée de réelle autorité centrale depuis la chute du président Siad Barre en 1991 et livrée depuis au chaos et à la guerre civile.

Mais les autorités de Mogadiscio peinent toujours à asseoir leur pouvoir au-delà de Mogadiscio et de sa périphérie. Les shebab contrôlent toujours de larges zones rurales et restent une sérieuse menace pour la stabilité du pays, tandis que plusieurs régions, aux mains de chefs de guerre locaux, affirment leur autonomie à l'égard du pouvoir central.

str-amu-ayv/sd

PLUS:hp