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Turquie: Erdogan exclut un 1er mai sur une place emblématique d'Istanbul

22/04/2014 06:40 EDT | Actualisé 22/06/2014 05:12 EDT

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a catégoriquement exclu toute manifestation pour le 1er mai cette année sur la place Taksim d'Istanbul, lieu emblématique de la fronde antigouvernementale de juin 2013, promettant sinon de les réprimer.

"N'ayez aucune espoir pour Taksim (...) allez manifester dans d'autres endroits d'Istanbul" qui sont ouvert aux rassemblement publics, a lancé M. Erdogan au parlement à l'adresse de groupes civiques et de syndicats qui insistent pour se rassembler sur cette place centrale pour la fête du travail.

"I n'y a aucun empêchement pour les festivités mais il faut les faire dans les endroits prédéterminés", a-t-il dit en brandissant la menace de faire réprimer par la police tout rassemblement "interdit", susceptible, à ses yeux, de provoquer le chaos dans la ville.

"Nous ne verrons pas d'un bon oeil l'insistance de rassemblement" à Taksim, a poursuivi le chef du gouvernement, exhortant les ONG et les syndicats à ne pas braver les interdictions et à ne pas provoquer de "tensions avec l'Etat".

"Il faut renoncer à jouer aux enfants gâtés. Nous ne permettrons pas que les rues deviennent le théâtre d'affrontements. Le peuple n'en veut pas", a ajouté M. Erdogan.

L'année dernière, les manifestations du 1er mai avaient donné lieu à des affrontements importants entre la police et les manifestants, qui tentaient de rejoindre la place Taksim malgré l'interdiction des autorités.

Les syndicats, en manifestant à Taksim, veulent commémorer les événements du 1er mai 1977, au cours desquels des inconnus avaient ouvert le feu sur la foule, tuant 33 personnes.

Taksim est aussi devenu depuis l'été dernier un symbole de la contestation contre l'"autoritarisme" du régime islamo-conservateur turc, au pouvoir depuis 2002. C'est un projet d'urbanisation autour d'un parc public de cette place centrale qui avait mis le feu aux poudres, poussant des millions de Turcs à manifester pendant trois semaines à travers le pays.

BA/jh

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