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Soudan: reprise à Addis des discussions de paix sur les Kordofan-Sud et Nil-Bleu

22/04/2014 09:59 EDT | Actualisé 22/06/2014 05:12 EDT

Le gouvernement soudanais et les rebelles du Nil-Bleu et du Kordofan-Sud ont repris mardi à Addis Abeba des pourparlers visant à ramener la paix dans ces deux Etats du Soudan, frontaliers du Soudan du Sud, ont annoncé les délégations.

"Nous menons des consultations", a déclaré à l'AFP Yassir Arman, chef de la délégation rebelle, en sortant d'une rencontre avec des médiateurs de l'Union africaine (UA). Il a dit douter de progrès rapides dans les discussions qui avaient été une nouvelle fois ajournées, sans réelle avancée, début mars, deux jours après leur reprise.

"Nous avons besoin d'un processus crédible qui permettra au Soudan de faire la transition de la guerre à la paix, ainsi que de la dictature à la démocratie", a ajouté M. Arman, condamné à mort par contumace par un tribunal soudanais en mars. "Nous sommes toujours optimistes mais, connaissant Karthoum, nous demeurons prudents".

Les discussions avaient déjà repris une première fois en février, après un an d'interruption, avant d'être ajournées au bout de cinq jours. Elles visent à mettre fin à trois ans d'un conflit dans le Kordofan-Sud et le Nil-Bleu, qui touche plus d'un million de civils, selon les Nations unies.

Les combats ont éclaté peu après l'indépendance du Soudan du Sud en juillet 2011, lorsque les rebelles du SPLM-N, branche Nord du Mouvement populaire de libération du Soudan - l'ex-rébellion sudiste ayant combattu Khartoum durant la guerre civile (1983-2005) qui a débouché sur la partition du Soudan - avaient repris les armes.

Comme ceux du Darfour (ouest du Soudan), les rebelles du Kordofan-Sud et du Nil-Bleu s'estiment politiquement et économiquement marginalisés par le régime du président Omar el-Béchir.

L'UA a donné jusqu'au 30 avril aux parties pour s'entendre mais n'a pas évoqué d'éventuelles sanctions. Rares sont ceux qui s'attendent à un accord rapide, les parties ne s'étant même pas encore entendues sur l'ordre du jour des négociations.

Khartoum insiste pour que les pourparlers portent simultanément sur les questions politiques, humanitaires et de sécurité, alors que les rebelles ont indiqué vouloir d'abord discuter des questions humanitaires.

Les Nations unies ont appelé les parties à conclure un cessez-le-feu rapidement et à permettre à l'aide humanitaire d'accéder aux deux Etats concernés.

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