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Liban: le faiseur de roi propose son candidat pour la présidence

22/04/2014 02:00 EDT | Actualisé 22/06/2014 05:12 EDT

Le faiseur de roi libanais, le chef druze Walid Joumblatt, dont le groupe parlementaire peut faire pencher la balance au Parlement, a décidé mardi de présenter un candidat de son groupe à la magistrature suprême.

Sa décision de mettre en avant Henri Hélou est survenue la veille du premier tour au Parlement où les postulants doivent avoir la majorité des deux tiers pour être élus, alors que la majorité absolue est requise pour les tours suivants.

"Nous sommes fiers de présenter un candidat de dialogue, un candidat de la modération, un candidat (acceptable) par tous, qui fait partie d'une célèbre lignée de dialogue, de modération et d'ouverture", a affirmé à la presse M. Joumblatt.

Aucun favori n'a émergé jusqu'à présent pour ce poste alors que le mandat du chef de l'Etat actuel se termine le 25 mai. Selon un partage du pouvoir entre les communautés, la présidence revient à un chrétien maronite.

Le Parlement libanais, qui compte 128 députés répartis à égalité entre chrétiens et musulmans, est profondément divisé entre le "bloc du 14 mars" dirigé par le sunnite Saad Hariri, hostile au régime syrien, et celui du "8 mars" mené par le mouvement chiite du Hezbollah, favorable au président syrien Bachar al-Assad.

Un petit groupe charnière, largement contrôlé par Walid Joumblatt, se trouve en position de force car de lui dépend l'élection d'un candidat, si les deux blocs rivaux n'arrivent pas à se mettre d'accord.

Âgé de 61 ans, fils d'un député Pierre Hélou et petit-fils du penseur Michel Chiha, rédacteur de la Constitution libanaise de 1926, Henri Hélou appartient à un courant de pensée libéral.

"Je veux restaurer le dialogue et le partenariat entre tous. Un président fort est celui qui rassemble les Libanais", a-t-il dit.

Henri Hélou est le second à annoncer sa candidature après Samir Geagea, chef des Forces libanaises, la milice chrétienne devenue parti politique, et qui a reçu l'appui du "14 mars" et de son chef Saad Hariri.

Cependant, M. Geagea a peu de chance d'accéder à la magistrature suprême à cause de l'opposition du Hezbollah, car il réclame que le mouvement politico-militaire chiite remette son puissant arsenal et se retire de Syrie où il combat pour le maintien du régime de Bachar al-Assad.

Selon les analystes politiques, il est peu probable qu'un candidat soit élu au premier tour tant les divisions sont fortes au sein du Parlement.

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