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La Cour suprême des États-Unis se prononce contre la discrimination positive

22/04/2014 05:47 EDT | Actualisé 22/06/2014 05:12 EDT

WASHINGTON - La Cour suprême des États-Unis a confirmé, mardi, la validité de l'interdiction de la discrimination positive fondée sur la race pour les admissions à l'université au Michigan, malgré la dissension passionnée de l'une des juges, qui a accusé le plus haut tribunal du pays d'imaginer que les inégalités raciales n'existent plus.

Dans un jugement à 6 contre 2, les juges de la Cour suprême ont estimé que les électeurs du Michigan avaient eu le droit de changer la Constitution de leur État en 2006 pour interdire aux universités publiques de prendre en considération la race dans les demandes d'admission, une pratique connue sous le nom d'«affirmative action».

Les juges ont estimé qu'une juridiction inférieure avait eu tort de qualifier ce changement de discriminatoire.

La décision aura pour effet de renforcer d'autres mesures similaires interdisant la discrimination positive dans l'éducation en Californie et dans l'État de Washington. D'autres États ont adopté des lois ou des décrets afin d'interdire les politiques d'admission fondées sur l'appartenance raciale.

Le juge Anthony Kennedy a déclaré que les électeurs du Michigan avaient choisi d'éliminer la discrimination positive, probablement parce qu'un tel système peut donner lieu à du ressentiment racial. Le juge a affirmé que rien, dans la Constitution du pays ou dans la jurisprudence, ne permettait à la Cour suprême de contredire des résultats électoraux.

«Ce cas ne porte pas sur la façon de résoudre le débat sur les préférences raciales. Il porte sur qui devrait le résoudre», a affirmé le juge Kennedy.

La juge Sonia Sotomayor a exprimé sa dissidence, affirmant que la décision bafouait les droits de minorités, même si l'amendement a été adopté de façon démocratique au Michigan.

«Sans contrôle, la législation démocratiquement approuvée peut opprimer les groupes minoritaires», a déclaré Mme Sotomayor, qui a lu sa déclaration à haute voix mardi dans l'enceinte de la cour. La juge Ruth Ginsburg s'est rangée du côté de sa collègue dissidente.

Les juges «ne devraient pas s'asseoir tranquillement et imaginer l'inexistence des inégalités raciales qui persistent dans notre société plutôt que de les confronter», a dit Mme Sotomayor.

La juge Sotomayor, qui est d'origine portoricaine, de même que le juge Clarence Thomas, qui est Noir, ont déjà admis dans le passé qu'ils avaient bénéficié de la discrimination positive pour leur admission à l'université, mais M. Thomas est un farouche opposant de ces mesures.

Le juge en chef John Roberts, de même que les juges Stephen Beyer, Samuel Alito, Antonin Scalla et Clarence Thomas, étaient d'accord avec le juge Kennedy.

La juge Elena Kagan s'est récusée, probablement parce qu'elle a déjà travaillé à ce dossier lors des étapes précédentes, alors qu'elle était à l'emploi du département de la Justice.

Le nombre de Noirs et de Latino-Américains admis dans les universités du Michigan a baissé depuis l'interdiction de la discrimination positive.

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