POLITIQUE

Équilibre budgétaire: Joe Oliver ne déliera pas les cordons de la bourse pour stimuler l'économie

22/04/2014 01:37 EDT | Actualisé 22/06/2014 05:12 EDT
CP

HALIFAX - La décision prise par le gouvernement des États-Unis de reporter à plus tard son choix relativement au projet de canalisation Keystone XL va nuire à la sécurité américaine en matière d'énergie de même qu'aux économies américaines et canadiennes, affirme le ministre fédéral des Finances, Joe Oliver.

M. Oliver a indiqué mardi que le report pour une période d'une durée indéterminée du projet annoncé par le gouvernement américain causerait du tort à l'emploi des deux côtés de la frontière.

«Je suis très déçu par la décision des Américains de reporter encore une fois ce projet, qui est peut-être le projet de ressources naturelles le plus étudié de l'histoire du monde», a-t-il déclaré à des journalistes après avoir prononcé une allocution devant la Chambre de commerce de Halifax.

Vendredi, le département d'État américain a annoncé vouloir donner aux agences fédérales davantage de temps pour examiner le projet de 5,4 milliards $ proposé par TransCanada (TSX:TRP), de Calgary.

Washington a également dit ne pas avoir pour le moment l'intention d'émettre un permis pour que la canalisation traverse la frontière, alors que le tracé du pipeline est contesté en cour au Nebraska.

La sécurité des États-Unis en matière d'énergie dépend de la disponibilité de multiples sources de pétrole, a aussi dit M. Oliver.

«Il y a ici une question de sécurité nationale parce que le pétrole brut canadien va supplanter le pétrole brut vénézuélien. N'oublions pas que le Venezuela a menacé de couper l'approvisionnement des États-Unis cinq fois lors des cinq dernières années», a-t-il dit.

«Nous voyons que les pays sont vulnérables lorsqu'ils dépendent de sources d'énergie qui ne sont pas fiables», a ajouté le ministre.

Le report du projet va également retarder la création de milliers d'emplois, a-t-il déploré.

Par ailleurs, M. Oliver entend résister aux pressions exercées pour qu'il stimule l'économie au moyen de fonds fédéraux, Ottawa ayant encore l'intention d'atteindre l'équilibre budgétaire l'an prochain.

Lors de son allocution devant un groupe d'hommes d'affaires, M. Oliver a reconnu que le chômage et les exportations demeuraient un problème au Canada. Il a cependant ajouté que le fédéral ne délierait pas les cordons de la bourse.

Ottawa ne se lancera pas dans de folles dépenses qui se traduiraient par une hausse des impôts ou de la dette, voire les deux, a dit le ministre.

Le fédéral a travaillé trop fort afin de retrouver la voie de l'équilibre budgétaire pour y renoncer maintenant, a-t-il ajouté.

Plus tôt cette année, le Fonds monétaire international (FMI) a fait reculer le Canada dans ses prévisions de croissance économique, prédisant que les États-Unis enregistreraient en 2014 la plus forte croissance parmi les pays membres du G7.

Le FMI croit encore que le Canada connaîtra une croissance économique de 2,2 pour cent. Il a cependant fait monter le Royaume-Uni au deuxième rang, derrière les États-Unis.

Joe Oliver s'est retrouvé ministre des Finances à la suite de la démission de Jim Flaherty, le mois dernier.

Dans son discours, le nouveau ministre a dit reconnaître que l'emploi demeurait une source de préoccupation pour de nombreux Canadiens. Ottawa entend réagir en maintenant les impôts à un faible niveau et en mettant en place de solides conditions favorables aux affaires, a-t-il dit.

M. Oliver a aussi indiqué que l'entente de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne éliminerait les tarifs douaniers dans des secteurs clés de la côte Est et apporterait de nouvelles occasions d'affaires pour les entreprises agricoles, forestières et des produits de la mer.

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