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Crise en Thaïlande: réunion pour parler de nouvelles élections

22/04/2014 01:48 EDT | Actualisé 21/06/2014 05:12 EDT

Les partis politiques thaïlandais devaient se réunir mardi pour parler de nouvelles élections après des mois de manifestations meurtrières réclamant le départ de la Première ministre Yingluck Shinawatra.

Depuis la dissolution du Parlement en décembre, le gouvernement ne peut qu'expédier les affaires courantes. Et les législatives du 2 février ont été invalidées par la justice en raison de leur perturbation par les manifestants qui accusent notamment Yingluck d'être une marionnette de son frère, Thaksin Shinawatra.

L'ancien Premier ministre renversé par un coup d'Etat en 2006 reste, malgré son exil, un facteur de division profonde du royaume englué depuis ce putsch dans un cycle de crises politiques faisant descendre dans la rue tour à tour ses partisans et ses ennemis.

La crise actuelle, marquée par des attaques à la grenade et des fusillades, a fait 25 morts depuis l'automne.

La commission électorale a convoqué ce mardi une réunion pour parler d'une nouvelle date des élections. Le Parti démocrate, principale formation de l'opposition, qui avait boycotté le précédent scrutin, doit notamment y participer.

Mais à la veille de la rencontre, le parti Puea Thai au pouvoir a dénoncé une "conspiration" pour contrecarrer de nouvelles législatives.

Certains groupes et partis politiques "ne veulent pas de la démocratie" et tentent de créer un vide politique pour nommer leur propre dirigeant non élu, a-t-il affirmé dans un communiqué.

Selon lui, la Constitution requiert un nouveau scrutin 45 à 60 jours après l'invalidation du précédent par la Cour Constitutionnelle le 27 mars.

Mais Yingluck, qui avait largement remporté les élections de 2011, pourrait être destituée dans les prochaines semaines, en raison de deux procédures. Elle est accusée devant la Cour Constitutionnelle d'avoir transféré un haut fonctionnaire de manière inappropriée et par la Commission anticorruption de négligence dans le cadre d'un programme controversé d'aide aux riziculteurs.

Mais ses partisans y voient des tentatives de coup d'Etat judiciaire, alors que la justice a déjà chassé deux gouvernements pro-Thaksin du pouvoir en 2008. Et les Chemises rouges, fidèles au gouvernement, ont menacé de descendre dans la rue pour le défendre.

Les manifestants antigouvernementaux, qui veulent remplacer le gouvernement par un "conseil du peuple" non élu, accusent, eux, le clan Shinawatra d'avoir mis en place un système de corruption généralisé.

L'opposition a souligné que des élections sans réformes préalables n'étaient pas une solution à la crise.

Mais le leader des démocrates, Abhisit Vejjajiva, a laissé entendre qu'un compromis pourrait être envisageable, décrivant la réunion comme "le moment le plus opportun pour mettre de côté les opinions de notre parti et faire passer le pays en premier".

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