POLITIQUE

Le candidat à la chefferie André Bellavance, veut élargir la coalition du Bloc

22/04/2014 10:53 EDT | Actualisé 22/06/2014 05:12 EDT
Agence QMI

OTTAWA - Pour remettre le Bloc québécois sur les rails, le candidat à la course à la chefferie, André Bellavance, veut que le parti soit non seulement une coalition des militants souverainistes, mais aussi de tous ceux qui sont dédiés à l'avancement du Québec.

Celui qui est aussi député bloquiste de Richmond-Arthabaska depuis 2004 semble ainsi vouloir ratisser fort large.

Il a présenté mardi matin, à Sherbrooke, les grandes orientations qu'il entend défendre lors de la course à la direction du parti - et par la suite, s'il devient effectivement chef.

Cette course est devenue nécessaire par la démission, pour des raisons de santé, du chef Daniel Paillé en décembre dernier.

M. Bellavance entend notamment démontrer avec les forces bloquistes que ce ne sont pas uniquement les partis fédéralistes qui freinent le Québec, mais le système fédéral lui-même.

Il estime que les Québécois sont captifs d'un mauvais film: celui où le parti fédéral au pouvoir décide de ce qui est bon pour eux, sans égard aux conséquences et sans écouter leur opinion.

Il souhaite aussi que le Bloc s'inscrive dans les débats qui préoccupent les Québécois même s'ils ne touchent pas directement la scène fédérale, a-t-il fait savoir.

«J'ai entendu les militants et mes anciens collègues nous inviter à nous coller davantage sur les réalités vécues dans les circonscriptions. Tout ce qui touche le Québec, ça nous regarde et, à titre d'élus, nous sommes des leaders d'opinion. Nous avons donc le devoir de nous inscrire dans les débats», juge-t-il.

Il rapporte que ces militants ont la volonté de garder le Bloc québécois bien en vie. Ainsi que la souveraineté.

«Il y a eu des hauts et des bas mais dans les pires creux de la vague, on descend jamais en bas de 30 pour cent», a-t-il fait valoir en entrevue avec La Presse Canadienne.

Et André Bellavance veut rassembler un maximum de personne sous sa bannière.

«Le Bloc Québécois se doit d'être une coalition au sein de laquelle les forces vives souverainistes continueront de s'unir. Une coalition de militantes et de militants, mais aussi de gens qui n'ont jamais milité au sein du Bloc Québécois mais qui sont dédiés à l'avancement du Québec», explique le député.

Il explique que le Bloc a toujours eu ce message, mais qu'il veut l'amener encore plus loin.

«Pour tous ceux qui ne sont pas nécessairement souverainistes —il y a des indécis au Québec, dit-il — mais pour qui le respect du Québec dans son intégralité est leur priorité, tous ces gens-là se retrouvent au Bloc».

Comme au lendemain de l'élection fédérale de 2011 qui a décimé le Bloc, laissant seulement quatre de ses députés en poste, et celle québécoise qui a vu son parti cousin, le Parti Québécois, perdre le pouvoir, M. Bellavance refuse d'y voir la fin du projet souverainiste — et des partis qui le portent à bout de bras.

«Je ne pense pas que les gens votaient "fédéraliste". Je pense qu'ils votaient pour le parti qu'ils pensaient pouvoir prendre le pouvoir et battre Stephen Harper», dit-il. Et ont ainsi voté pour le Nouveau Parti démocratique (NPD) de Jack Layton.

Et pour preuve, le candidat à la chefferie rappelle qu'après avoir voté en masse pour le NPD en 2011, les Québécois ont élu le Parti québécois en 2012, soit seulement un an plus tard.

Pour lui, les Québécois vont réaliser qu'en votant NPD, ils ont voté pour un parti qui parle au nom du Canada avant tout. Il rappelle que cette formation politique a applaudi l'octroi de contrats du fédéral aux chantiers navals — en oubliant le Québec — ainsi que l'important financement consenti à Terre-Neuve pour vendre de l'électricité aux États-Unis, en concurrence directe avec le Québec.

«Pour eux, c'est le Canada d'abord. Pour moi, c'est «le parti pris pour le Québec», résume-t-il en se servant de son slogan de campagne.

Le nom du nouveau chef du Bloc québécois devrait être connu au plus tard le 14 juin prochain. S'il n'y a qu'un seul candidat, il sera couronné le 7 mai, le jour limite du dépôt des candidatures.

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