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Biden soutient les autorités de Kiev face à une poussée séparatiste à l'Est

22/04/2014 03:54 EDT | Actualisé 21/06/2014 05:12 EDT

Le vice-président américain Joe Biden rencontre mardi les autorités pro-occidentales de Kiev après un vif échange entre Washington et Moscou, qui s'accusent mutuellement de la non application de l'accord de Genève censé apaiser l'insurrection séparatiste dans l'est de l'Ukraine.

Le compromis, signé jeudi à la surprise générale, prévoit notamment le désarmement des groupes illégaux et l'évacuation des bâtiments occupés, aussi bien de la part des pro-occidentaux à Kiev que des séparatistes dans l'Est.

Mais sur le terrain, chacun tient ses positions et les insurgés pro-russes ont demandé pendant le week-end à Vladimir Poutine d'envoyer des troupes de maintien de la paix pour protéger la population, menacée selon eux par les nationalistes.

Les séparatistes ont même étendu leur contrôle lundi soir en postant leurs hommes, armés de fusil d'assaut, aux accès des locaux du poste de police de Kramatorsk, entre leur place forte de Slaviansk, et Donetsk, capitale de leur "république" autoproclamée.

"On est ici pour protéger la police, pour empêcher les provocations", explique Dmytro, 36 ans, cagoule sur le visage.

- Biden défend "l'unité nationale" -

A Kiev, Joe Biden, est arrivé vers 09H00 (06H00 GMT) au parlement où il a retrouvé le président par intérim Olexandre Tourtchinov, avant un entretien prévu avec le Premier ministre Arseni Iatseniouk. Il compte insister sur la nécessité de maintenir "l'unité nationale" et appeler à "une mise en oeuvre urgente" de l'accord de Genève, selon un haut responsable l'accompagnant.

Il doit aborder également les étapes en vue d'une stabilisation économique de l'Ukraine, confrontée à un effondrement de sa monnaie et de sa production ainsi qu'une envolée des prix. Kiev attend le déblocage d'une première partie du crédit d'au moins 14 milliards de dollars promis par le Fonds monétaire international.

Quelques heures après l'arrivée du vice-président américain, le secrétaire d'Etat américain John Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov se sont respectivement accusés de ne rien faire pour appliquer l'accord de Genève.

Le chef de la diplomatie américaine a appelé la Russie à prendre "des mesures concrètes" en appelant publiquement les séparatistes à évacuer" les bâtiments occupés illégalement, a indiqué Jennifer Psaki, porte-parole du département d'Etat.

De son côté, M. Lavrov a répliqué que Washington devait convaincre Kiev de respecter ses engagements et utiliser son influence "afin que les têtes brûlées ne provoquent pas un conflit sanglant". Il a dénoncé "l'incapacité et le manque de volonté des autorités de Kiev à mettre fin aux actes de violence du Pravy Sektor", groupe nationaliste paramilitaire ukrainien.

Washington et Kiev accusent Moscou d'être derrière les troubles actuels dans l'est de l'Ukraine. La Russie souligne pour sa part que le centre de Kiev reste occupé par les groupes, notamment nationalistes, qui se sont mobilisés jusqu'à la chute du président Viktor Ianoukovitch.

Le département d'Etat américain a dévoilé lundi des images fournies par Kiev montrant, selon lui, que des séparatistes armés dans l'est de l'Ukraine sont en fait des militaires ou officiers de renseignement russes. Ces images ont pour certaines été fournies par les Ukrainiens, pour d'autres été publiées dans la presse internationale ou récupérées sur Twitter, a affirmé la porte-parole du département d'Etat.

- Un référendum à Lougansk? -

"Il n'y a pas un seul militaire russe ici", a martelé lundi devant la presse Viatcheslav Ponomarev, le "maire" autoproclamé de Slaviansk.

Ce dernier avait lancé dimanche un appel à Vladimir Poutine pour envoyer des troupes de maintien de la paix après une fusillade, qui a fait au moins deux morts, et décrété un couvre-feu, dont la deuxième nuit s'est déroulée dans le calme.

A 150 kilomètres plus à l'est, à Lougansk, les insurgés pro-russes, qui occupent les locaux des services de sécurité (SBU), ont nommé lundi un "gouverneur populaire". Ils ont décrété l'organisation d'un référendum le 11 mai afin de déterminer si la région doit continuer de faire partie de l'Ukraine ou proclamer son indépendance, avant de se prononcer sur un éventuel rattachement à la Russie.

Cette décision rappelle l'organisation du vote, le 16 mars, qui a débouché sur le rattachement de la Crimée au territoire russe.

Mais l'organisation d'un scrutin semble plus complexe dans l'Est de l'Ukraine où le contrôle des séparatistes se limite à certains bâtiments publics.

Contrairement à la Crimée en outre, un sondage publié le week-end dernier indiquait que la population des régions de Donetsk et Lougansk est majoritairement opposée à un rattachement à la Russie, même si elle juge les autorités pro-occidentales de Kiev illégitimes.

Moscou propose d'instaurer une forme de fédéralisme accordant une très large autonomie aux régions russophones de l'Est, tandis que Kiev a promis une "décentralisation" leur déléguant certaines prérogatives ainsi qu'un statut spécial pour la langue russe.

bur-gmo/neo/ml

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